Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) n’exclut pas de déposer un préavis de grève pour exiger une réforme du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). Dans un communiqué publié lundi à l’issue de sa réunion du samedi 24 octobre 2026, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), son Secrétariat national dénonce le durcissement annoncé des critères d’évaluation des enseignants-chercheurs et réclame la mise en place de listes nationales indépendantes.
Le SAES se dit préoccupé par la préparation d’un nouveau guide d’évaluation du CAMES, après la contestation du guide 2024-2028 par des syndicats africains. Selon le syndicat, les nouvelles exigences pourraient notamment généraliser, de manière déguisée, l’agrégation et renforcer le contrôle des écoles doctorales, au risque de porter atteinte à l’autonomie pédagogique et scientifique des universités.
Le syndicat critique également l’obligation, à partir de 2027, de publier dans des revues indexées pour les Comités techniques spécialisés (CTS) en lettres et sciences humaines, sciences juridiques et politiques, ainsi qu’en sciences économiques et de gestion. Il estime que cette mesure pourrait invalider quasiment toutes les candidatures dans ces disciplines, où les revues indexées sont peu nombreuses.
Pour le SAES, ces exigences privilégient la quantité des publications au détriment de leur qualité, freinent la recherche collaborative et la pluridisciplinarité et risquent de compromettre la souveraineté du système d’enseignement supérieur sénégalais. Le syndicat alerte sur le risque d’une pénurie artificielle de professeurs et d’une réduction des capacités d’encadrement, alors que 45 % du corps professoral devrait partir à la retraite d’ici à 2035.
Des universités confrontées à des difficultés persistantes
Au-delà du dossier du CAMES, le SAES déplore la persistance de difficultés dans les universités publiques, notamment la surcharge des campus, l’insuffisance des infrastructures pédagogiques et sociales, les retards dans le reversement des cotisations sociales et des retenues fiscales, ainsi que le gel du recrutement de la deuxième vague de 500 enseignants-chercheurs.
Le syndicat réclame également des éclaircissements sur les projets « Espoir Jeunes » et des « 100 laboratoires », tout en dénonçant la faible rémunération des enseignants vacataires.
La Conférence nationale des sections, prévue le 7 novembre à Ziguinchor, devra procéder à une évaluation approfondie de la situation et définir les actions à mener. Le SAES tient le gouvernement responsable des éventuelles perturbations liées à l’adoption du nouveau guide d’évaluation.
Bilkissa CONDÉ
