La République démocratique du Congo (RDC) figure parmi les pays les plus touchés par les violations graves commises contre les enfants dans les conflits armés en 2025, aux côtés de l’État de Palestine et du Nigéria. L’alerte a été lancée lundi 26 octobre par la directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, lors d’une séance consacrée à la protection des enfants en temps de guerre.
Selon les données présentées, les Nations Unies ont vérifié plus de 430 000 violations graves contre des enfants depuis 2005, dont plus de 38 000 pour la seule année 2025. Ces violations comprennent notamment les meurtres et mutilations, le recrutement par des groupes armés, les violences sexuelles, les enlèvements et la privation d’aide humanitaire. L’UNICEF souligne que ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité, de nombreuses violations échappant encore à la vérification.
À l’occasion du 30e anniversaire du rapport historique de Graça Machel sur les conséquences des conflits armés pour les enfants, Catherine Russell a appelé la communauté internationale à renforcer ses efforts de protection. Elle a néanmoins salué les avancées obtenues grâce au programme « Enfants et conflits armés », notamment la libération de plus de 220 000 enfants des forces et groupes armés ainsi que la conclusion de plus de 40 plans d’action avec les parties aux conflits.
Malgré ces acquis, la situation demeure particulièrement préoccupante, notamment dans l’est de la RDC, où les violences persistantes continuent d’aggraver la crise sécuritaire et humanitaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
À l’ONU, la RDC plaide pour une protection intégrée aux accords de paix

Face au Conseil de sécurité, l’ambassadrice Jocelyne Kabengele Lukundulu, représentante permanente adjointe de la RDC auprès des Nations Unies, a appelé à placer la protection de l’enfance au cœur des cessez-le-feu, des accords de paix et des mécanismes de justice transitionnelle.
Elle a insisté sur la libération des enfants associés aux forces et groupes armés, leur réinsertion durable et la protection des écoles, tout en plaidant pour le renforcement des mécanismes d’alerte précoce et de documentation des violations, notamment grâce aux nouvelles technologies.
La diplomate a également appelé à combattre l’impunité, à préserver l’accès à l’éducation et à renforcer les capacités nationales de protection. Réaffirmant le soutien de son pays au mandat des Nations Unies, elle a estimé que la protection des enfants constitue une obligation juridique, un impératif moral et une condition essentielle à l’instauration d’une paix durable.
Alors que les initiatives diplomatiques engagées notamment à Washington et à Doha peinent à produire les résultats escomptés, Kinshasa exhorte les parties concernées à respecter leurs engagements pour améliorer concrètement la sécurité des populations civiles, en particulier celle des enfants.
Tafsir KANE
