À 48 heures de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le Sénégal renforce son dispositif de préparation et de réponse aux urgences sanitaires. Entre le risque d’importation du virus Ebola, l’épidémie de diphtérie et les maladies liées à la saison des pluies, le Centre des opérations d’urgence sanitaire (COUS) mise sur une surveillance renforcée, des équipes d’intervention rapide et une coordination multisectorielle.
Le Sénégal affine sa préparation sanitaire pour accueillir les JOJ Dakar 2026, premier événement olympique organisé sur le continent africain. Jeudi, le Centre des opérations d’urgence sanitaire (COUS) a accueilli une cérémonie de remise de deux ambulances au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en soutien au dispositif de secours, notamment au Service d’aide médicale urgente (SAMU).
Présentant le plan de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, le directeur du COUS, Dr Pape Samba Dièye, a souligné les particularités d’un événement de masse qui réunira près de 2 700 athlètes et quelque 206 délégations pendant 14 jours, sur trois zones de compétition à Dakar, Diamniadio et Saly.
Ebola et diphtérie, deux préoccupations majeures
La compétition se déroule dans un contexte sanitaire marqué par plusieurs menaces. Le Sénégal fait face à une épidémie de diphtérie, tandis que le risque d’importation du virus Ebola a été relevé au niveau élevé après la réévaluation effectuée le 22 octobre, à la suite de la notification d’un cas au Nigeria, indique Dr Dièye.
A l’en croire, les maladies vectorielles, notamment la dengue et le paludisme, figurent également parmi les risques élevés identifiés. La fièvre de la vallée du Rift, les vagues de chaleur et les événements climatiques présentent, quant à eux, des risques modérés. Les maladies diarrhéiques, le Mpox, les méningites, les bousculades et les cyberattaques figurent parmi les risques jugés faibles, poursuit-il.
Face à ces menaces, dit-il, le COUS a élaboré un plan tous risques articulé autour de 16 piliers, couvrant notamment la gouvernance, la surveillance épidémiologique, les laboratoires, la prévention et le contrôle des infections, les soins, la communication sur les risques et la logistique.
Surveillance renforcée et riposte graduée
D’après Dr Pape Samba Dièye, le dispositif repose sur une coordination entre le ministère de la Santé, le COUS, le comité d’organisation des JOJ, le SAMU, les forces de sécurité, les établissements hospitaliers et les partenaires. Des postes médicaux avancés sont installés sur les trois zones de compétition, avec une polyclinique au village olympique et l’hôpital d’enfants de Diamniadio comme structure de référence. Les circuits d’évacuation sont organisés avec le SAMU et les sapeurs-pompiers.
Mieux ajoute-t-il, la surveillance sera renforcée sur les sites de compétition, au village olympique et aux points d’entrée. Le COUS prévoit la détection des menaces dans les 24 heures, l’investigation d’au moins 90 % d’entre elles et la production quotidienne de rapports de situation.
Pour Ebola, rassure-t-il, les personnes arrivant des zones épidémiques feront l’objet d’une évaluation individuelle des risques. Un suivi quotidien pendant 21 jours est prévu pour celles ayant séjourné dans une zone touchée sans exposition connue. En cas d’exposition connue, souligne-t-il, le non-voyage est préconisé ; si la personne arrive au Sénégal, une identification et un isolement pendant 21 jours sont prévus.
Concernant la diphtérie, le COUS indique que la situation est sous contrôle, avec une tendance à la baisse des cas. Le district de Diamniadio a, toutefois, signalé des cas positifs durant la dernière semaine évoquée. La vérification du statut vaccinal, le respect des précautions standard, la détection des cas suspects et le suivi des contacts font partie des mesures retenues, précise Dr Dièye.
Des simulations pour éprouver le dispositif
Selon le patron du COUS, la préparation a été mise à l’épreuve lors d’un exercice sur table, le 15 octobre, puis d’une simulation grandeur nature à l’hôpital de Diamniadio, le 24 octobre, avec près de 180 participants. Ces exercices, dit-il, ont permis d’identifier des insuffisances, notamment dans la connaissance du plan blanc hospitalier, auxquelles des mesures correctives ont été apportées.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a assuré que le dispositif était « en place, testé et vigilant ». Il a également insisté sur la nécessité d’une collaboration avec les pays d’origine des participants pour partager rapidement les informations sanitaires.
Saluant l’appui technique, financier et logistique de l’OMS, le ministre estime que cette préparation doit constituer un acquis durable pour la sécurité sanitaire du Sénégal, au-delà des Jeux.
