Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) s’indigne du recours aux réquisitions de personnels de santé lors de la dernière grève générale et dénonce des pratiques qu’il juge « sauvages, illégales et abusives ». En pleine exécution d’un mot d’ordre de grève de 72 heures depuis mercredi, le syndicat met en garde les autorités contre toute utilisation de cette procédure pour restreindre le droit de grève.
Lors d’un point de presse tenu, jeudi, à Keur Madia, siège de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), à laquelle il est affilié, le Bureau exécutif national (BEN) du SAMES a exprimé son indignation face aux réquisitions constatées durant la grève générale de la semaine précédente, menée avec la Fédération des syndicats de la santé et de l’action sociale (FSDT).
« La réquisition n’est pas une arme politique. C’est une procédure d’exception strictement encadrée par la loi », a rappelé le Dr Ibrahima Sow, secrétaire général chargé de la presse et de l’information du SAMES.
Le syndicat affirme qu’il ne reconnaîtra aucune réquisition ne respectant pas la procédure légale et tient pour responsables les chefs de service, directeurs et médecins-chefs qui se prêteraient à des pratiques qu’il estime illégales.
Tout en défendant le droit de grève, le SAMES souligne avoir toujours fait preuve de responsabilité en veillant à la prise en charge des cas urgents, dans le souci de préserver la dignité humaine.
Le SAMES dénonce le blocage des négociations
Au-delà des réquisitions, le syndicat déplore l’absence d’avancées dans les négociations avec l’État. Selon le Dr Ibrahima Sow, la plateforme revendicative déposée le 10 juillet 2026, accompagnée d’un préavis de grève, est restée sans réponse satisfaisante. Il dénonce 109 jours de « silence », de « mépris » et de « dilatoire ».
Le SAMES critique notamment la rencontre du 16 octobre, au cours de laquelle le ministère de tutelle serait venu sans propositions concrètes, avec un dossier issu d’un atelier antérieur.
Parmi ses revendications figurent l’élaboration d’un statut spécial pour le corps médical, le recrutement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes dès la fin de leur formation, la révision des textes encadrant leur spécialisation, ainsi que la revalorisation des pensions de retraite à 80 % du dernier salaire.
Le syndicat exige la réintégration de son responsable au COUD
Le SAMES dénonce également le limogeage qu’il juge arbitraire du secrétaire général de sa section au Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD). Il exige sa réintégration « immédiate et sans condition », et annonce son intention de saisir les instances nationales et internationales compétentes pour dénoncer ce qu’il considère comme une « répression syndicale ».
Le secrétaire général national, le Dr Djabel Dramé, et ses camarades du BEN préviennent que le syndicat évaluera l’évolution de la situation et prendra les décisions qui s’imposent.
