La région de Ziguinchor (Sud Sénégal) va lancer, du 13 au 19 avril, une campagne d’offres gratuites de services en santé maternelle, néonatale et infantile axée sur la planification familiale. Une initiative des autorités sanitaires destinée à faire face à la baisse préoccupante de la prévalence contraceptive, passée de 22 % en 2022 à 11 % actuellement, soit une chute de moitié aux lourdes conséquences sanitaires et sociales.
Cette campagne vise à renforcer l’accès des populations aux méthodes contraceptives et à sensibiliser sur les risques liés à la baisse de l’utilisation des services de planification familiale, notamment la recrudescence des grossesses non désirées, l’augmentation des infections sexuellement transmissibles (IST) et l’aggravation de la mortalité maternelle et néonatale.
Selon le responsable du Bureau régional de l’éducation et de l’information sanitaire et sociale, Raphaël Bakhoum, la région de Ziguinchor figure parmi les zones prioritaires ciblées par cette initiative, aux côtés de Louga, Diourbel et Matam, en raison de la forte baisse du taux de prévalence contraceptive.
S’exprimant au terme d’une journée de partage avec les acteurs de la presse locale, il a souligné que cette situation constitue un signal d’alerte pour le système de santé, dans un contexte où la planification familiale demeure un levier essentiel pour prévenir les grossesses précoces et non désirées, réduire les risques de complications obstétricales et limiter la propagation des IST.
“Cette campagne d’offres gratuites de services en santé maternelle, néonatale et infantile va permettre de rapprocher les prestations des populations et de renforcer l’information sur les méthodes contraceptives disponibles dans les structures sanitaires de la région”, a-t-il expliqué, insistant sur le rôle déterminant des médias dans la sensibilisation communautaire.
Durant la semaine de campagne, plusieurs services seront proposés gratuitement dans les structures sanitaires, notamment la consultation en planification familiale, la mise à disposition de contraceptifs (comprimés, injections, implants et préservatifs masculins et féminins), le dépistage et le suivi en santé maternelle et infantile, ainsi que des séances d’information et de sensibilisation.
Raphaël Bakhoum a rappelé que la planification familiale contribue directement à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale en permettant aux femmes d’espacer les naissances et d’éviter les grossesses à risque, tout en offrant une protection contre certaines infections sexuellement transmissibles.
Il a également indiqué que l’objectif de cette campagne s’inscrit dans la stratégie nationale de réduction de la mortalité maternelle et néonatale, qui mise sur une mobilisation multisectorielle impliquant les services de santé, les acteurs communautaires et les médias pour inverser la tendance et améliorer les indicateurs sanitaires à l’horizon 2030.
Le responsable du Bureau régional de l’éducation et de l’information sanitaire et sociale appelle ainsi les femmes, les couples et les jeunes à fréquenter massivement les structures de santé durant la période du 13 au 19 avril afin de bénéficier gratuitement des services offerts et de mieux s’informer sur les méthodes de planification familiale, présentées après un conseil médical adapté à l’état de santé de chaque patiente.
