Le 15 avril 2026, les femmes africaines passent à l’offensive. À l’occasion de la toute première Journée des femmes africaines pour la justice climatique, des centaines de militantes, issues de communautés de première ligne, se mobilisent à travers le continent autour d’un mot d’ordre sans équivoque : « Nos terres, nos voix : les femmes africaines unies pour les réparations et la justice climatique ! »
Dans un monde secoué par l’intensification des catastrophes climatiques, les conflits liés aux ressources et l’explosion des inégalités, ces femmes refusent désormais d’être reléguées au rang de victimes silencieuses. Elles s’imposent comme des actrices centrales, déterminées à faire entendre leurs voix face à un système mondial qu’elles jugent profondément injuste.
« Cette journée est très importante […] la justice climatique est une question pressante », alerte Odette Toe, du Burkina Faso, dénonçant une injustice qui frappe de plein fouet les femmes africaines, tout en appelant à des réparations concrètes pour les préjudices subis. Même tonalité chez sa compatriote Sakinatou Ouédraogo, qui célèbre une mobilisation portée par « la force créatrice de la résistance » et l’espoir d’un avenir équitable.
Au cœur de cette dynamique, une réalité : les femmes africaines sont en première ligne face aux dérèglements climatiques, mais aussi à l’avant-garde des solutions. À travers des actions de sensibilisation, des mobilisations communautaires et des formes d’« artivisme », elles dénoncent les logiques extractivistes et les projets destructeurs qui fragilisent leurs territoires.
Portée notamment par l’Assemblée des femmes pour le climat, plateforme panafricaine née en 2022, cette mobilisation s’inscrit dans une lutte structurée. L’objectif est d’exiger une dette climatique des pays historiquement responsables et imposer une justice réparatrice, au-delà des promesses d’aide.
Depuis le Sénégal, Khady Faye dénonce sans détour les contradictions des grandes puissances : « Vous ne pouvez pas venir piller les ressources africaines tout en prétendant nous aider à obtenir la justice climatique. » Une critique frontale des mécanismes internationaux, jugés inefficaces et déconnectés des réalités locales.
Face à ce qu’elles considèrent comme l’échec des sommets officiels sur le climat, ces femmes construisent leurs propres espaces de résistance, à l’image des contre-COP africaines. Leur ambition étant de replacer les communautés en première ligne au cœur des décisions globales.
Le 15 avril 2026 ne sera donc pas une simple journée symbolique. Il marque l’émergence d’un rapport de force inédit. Celui de femmes africaines qui, unies, entendent désormais dicter l’agenda de la justice climatique — et exiger, enfin, des comptes.
