Valoriser les talents, encourager l’entrepreneuriat et offrir de nouvelles perspectives aux jeunes et aux femmes : telle est l’ambition affichée par la cinquième édition d’Oscar des Talents, officiellement lancée samedi au Centre culturel Blaise Senghor de Dakar. Prévue du 8 août au 26 septembre 2026 dans les huit pôles territoriaux du Sénégal, la manifestation, intégrée à l’Agenda de transformation nationale de la Vision Sénégal 2050, a placé la jeunesse, les femmes et l’entrepreneuriat au centre des débats.
Placée sous le parrainage de l’ancien président de la République Me Abdoulaye Wade, l’édition 2026 entend mettre sous les projecteurs des talents dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, la culture, la mode et le chant, tout en favorisant leur accompagnement vers l’insertion professionnelle.
« Ne cherchez pas seulement les opportunités, créez-les »
Représentant le staff d’Oscar des Talents, Serigne Mor Amar a invité les jeunes à dépasser la logique de recherche d’emploi pour devenir eux-mêmes créateurs d’opportunités.
« Ne vous contentez pas de chercher des opportunités, apprenez à les créer », a-t-il lancé, estimant qu’une grande entreprise peut naître d’une petite idée, à condition de miser sur la formation, la discipline, la persévérance et le passage à l’action.
Il a également insisté sur la place des femmes dans le développement économique et social. Selon lui, soutenir l’entrepreneuriat féminin à travers la formation, le financement, les réseaux professionnels et les nouvelles technologies revient à investir dans l’avenir de toute une communauté.

Huit pôles territoriaux pour détecter et accompagner les talents
L’initiateur de l’événement, Mor Kharma, a expliqué que cette cinquième édition se déroulera en trois phases. Une première étape consistera à sillonner les huit pôles territoriaux du Sénégal afin d’identifier des jeunes et des femmes porteurs de projets dans l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et la culture.
La deuxième phase sera consacrée à la finale nationale culturelle, tandis qu’un forum réunira, dans une troisième étape, porteurs de projets, décideurs et partenaires techniques et financiers autour de la question du financement.
L’objectif, a-t-il expliqué, est de favoriser l’émergence d’« entrepreneurs agricoles, culturels et dans l’élevage », mais également d’encourager les artistes à diversifier leurs compétences, notamment à travers le numérique et l’intelligence artificielle.
La RDC, invitée d’honneur, pour célébrer le brassage africain
La présence de la République démocratique du Congo (RDC) comme pays invité d’honneur a donné une dimension africaine à cette édition. L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RDC à Dakar, Christophe Muzungu, a rappelé les liens anciens et étroits entre les deux pays, notamment à travers les mariages, les échanges humains et le brassage culturel.
Il a appelé les jeunes Africains à davantage croire en leurs capacités et à ne pas considérer la fonction publique comme l’unique voie de réussite. « Il faut voir au-delà », a-t-il insisté, invitant les jeunes à entreprendre et à faire preuve de créativité.
Le diplomate congolais a également lancé une mise en garde contre une utilisation excessive des réseaux sociaux, notamment TikTok, qui, selon lui, peut détourner les jeunes de la concentration nécessaire à la création et à l’entrepreneuriat.
Hommage à Me Abdoulaye Wade
Le choix de Me Abdoulaye Wade comme parrain a été salué par les différents intervenants. Représentant le ministre de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, la directrice du Centre culturel Blaise Senghor, Fatou Sène, a présenté l’ancien chef de l’État comme « un homme résilient » ayant mené « tous les combats », tout en soulignant la portée symbolique de cet hommage à l’occasion de son centenaire.
Pour Mor Kharma, ce choix vise également à saluer l’engagement de Me Wade en faveur de la jeunesse et de l’Afrique. Il a notamment rappelé une philosophie résumée, selon lui, par trois mots : « travailler, beaucoup travailler, toujours travailler ».
