La santé publique sénégalaise ne pèse que 3 % du budget national de 2026 : c’est le chiffre qui a mis le feu aux poudres. En séance plénière, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh DIBA, a confirmé les 217 milliards destinés au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, soit une portion jugée « indigne » et « dangereuse » par l’Alliance des syndicats autonomes de la santé (ASAS) And Gueusseum. Même en cumulant les enveloppes sectorielles liées à la santé, Mballo DIA THIAM et Cie constatent, amers, qu’on atteint à peine 7 %. D’où leur cri d’alerte « à la santé des Sénégalais à vau-l’eau » poussé dans une déclaration reçue, ce dimanche.
Ces syndicalistes trouvent que cela confirme une politique sanitaire qui « abandonne » les hôpitaux et « fragilise » les populations. And Gueusseum dénonce un appareil sanitaire « exsangue » et des structures publiques réduites à survivre, alors que les besoins explosent. L’alliance syndicale accuse le gouvernement de miser sur des « mécènes hypothétiques » et des « réformes vitrines » au lieu de consolider l’investissement public. Dans ce contexte, les propos du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique sur l’autonomisation financière des hôpitaux sont interprétés comme les signes avant-coureurs d’une privatisation rampante du système de soins, foulant aux pieds la mission de service public et le droit constitutionnel à la santé.
Face à ce qu’il qualifie de désengagement budgétaire, And Gueusseum annonce la poursuite de sa lutte, en jonction avec la SATSUS. Après avoir paralysé une large partie des structures sanitaires les 25 et 26 novembre derniers, la coalition appelle à une nouvelle grève nationale les 10 et 11 décembre, « avec respect des urgences et du service minimum ».
Les revendications restent inchangées et ont trait à l’apurement du passif social, l’intégration des contractuels, l’amélioration des indemnités, le renforcement de la protection sociale.
Appel à une jonction des forces avec le G7 de l’Education pour plus d’acquis sociaux
Pour And Gueusseum, l’heure n’est plus à l’alerte, mais à la confrontation sociale. « Avec 3 % du budget, ou tout au plus 7%, l’État organise lui-même la faillite de la santé publique et motive notre SOS contre la précarité de la santé des populations dont les structures de prise en charge sont devenues des grabataires », martèlent Mballo DIA THIAM et Cie qui préviennent que leur mouvement ne fait que commencer.
« Est-il concevable que le ministre des Finances, précédemment Directeur de la Programmation budgétaire toujours agrippé à ses soutenables fonds communs, dans une posture nihiliste voire amnésique puisse déclarer que l’indemnité de logement, objet de notre combat, devrait faire l’objet de nouvelles négociations avec les directions hospitalières avant d’en évaluer la soutenabilité sans au préalable, augmenter leurs subventions d’exploitation tout à fait dérisoires ? », s’étonnent-ils. Avant de poursuivre, sur un ton dénonciateur, que « pendant que les ménages paient pour leur santé plus que l’État, ce dernier continue de pomper leurs maigres ressources à travers des comités de développement sanitaire (CDS) ».
Par ailleurs, l’alliance syndicale croit savoir qu’il est venu le moment d’une Jonction complémentaire, naturelle et obligatoire, après And Gueusseum-SATSUS, avec entre autres entités, le G7 de l’Education nationale. Ensemble et plus fortes avec ces dernières, Mballo DIA THIAM et ses camarades de cette jonction syndicale espèrent parvenir à la satisfaction rapide des revendications relatives à l’allongement de l’âge de la retraite à 65 ans, à la capitalisation des années d’ancienneté et au renforcement de la protection sociale des fonctionnaires, des décisionnaires et des contractuels de l’État.
