La formation de l’ensemble des Badjénou Gokh du Sénégal nécessitera un financement estimé à 1 482 048 760 francs CFA. Le chiffre a été présenté, jeudi 10 septembre, par Mme Sagar Gassama Ndiaye, de la Cellule promotion et partenariat de la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME), lors d’une réunion du comité technique national consacré au plaidoyer, à la communication et à la mobilisation des ressources.
Ce budget traduit l’ampleur du chantier engagé pour renforcer les compétences des actrices communautaires, maillon essentiel du dispositif de santé maternelle, néonatale et infantile. Selon les dernières estimations officielles, et en attendant que le chantier de la cartographie des acteurs communautaires engagé produit ses résultats, le Sénégal compte 9 380 Badjénou Gokh (ou Bajenu Gox) réparties sur l’ensemble du territoire national.
Selon Mme Ndiaye, la formation sera organisée à plusieurs niveaux. Elle débutera au niveau central par une orientation des formateurs, avant d’être déployée dans les 14 régions. Les équipes cadres régionales et de district seront ensuite formées, puis les prestataires des structures sanitaires. Ces derniers auront la responsabilité de former et d’accompagner les Badjénou Gokh au niveau communautaire.
Les Badjénou Gokh au cœur du dispositif
Le programme mise notamment sur la maîtrise des outils révisés et sur le renforcement des capacités en matière de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent. Les Badjénou Gokh devront notamment être capables de sensibiliser sur la consultation prénatale, l’accouchement assisté, la vaccination et la nutrition, mais aussi d’identifier les signes de danger et d’assurer une référence précoce vers les structures de santé.
Pour accompagner cette formation, plusieurs outils ont été révisés : manuel, kit du formateur, cahier d’activités et boîte à images. Leur reprographie constitue toutefois un autre défi financier. La répartition du budget illustre la priorité accordée au niveau communautaire. 70 % du coût total sont consacrés à la formation des Badjénou Gokh, contre 23 % pour les prestataires, 6 % pour les équipes régionales et de district et 1 % pour le niveau national.
Le financement, nerf de la guerre
Au-delà de la formation, Mme Sagar Gassama Ndiaye a insisté sur la nécessité de garantir la continuité du programme. L’insuffisance des ressources demeure l’un des principaux obstacles, notamment pour la motivation des Badjénou Gokh, le suivi, la supervision, la reproduction des outils et la capitalisation des données.
Parmi les pistes avancées figurent la création d’une ligne de crédit dédiée à la motivation des Badjénou Gokh, la mobilisation des ressources domestiques, le financement basé sur les résultats et la contractualisation avec les collectivités territoriales.
La DSME entend également renforcer le plaidoyer auprès de l’État, des collectivités, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers. L’enjeu est de passer d’interventions ponctuelles à un mécanisme de financement plus durable, capable de soutenir dans la durée ces actrices communautaires engagées au plus près des familles.
Pour Mme Ndiaye, la formation n’est donc qu’une étape d’un chantier plus large : donner aux Badjénou Gokh les moyens, les compétences et les outils nécessaires pour contribuer efficacement à la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile.
Tafsir KANE
