L’Antenne régionale de Ziguinchor de la Division nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants (DNLT) a déféré, le 22 février 2026, trois individus devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor pour leur implication présumée dans un vaste réseau de traite des personnes.
Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, traite des personnes et complicité, tentative d’exploitation sexuelle, proxénétisme, incitation à la débauche ainsi que faux en documents administratifs.
Un recrutement par ruse depuis la Sierra Leone
L’enquête a été ouverte à la suite d’un renseignement opérationnel en date du 17 février 2026. Les investigations ont mis au jour un réseau structuré opérant depuis la Sierra Leone.
Selon les éléments recueillis, la principale suspecte approchait des familles sierra-léonaises en leur proposant de prétendues opportunités d’emploi au Sénégal. Elle prenait en charge les frais de voyage des victimes, qui transitaient par Conakry avant de rallier Ziguinchor via Manda-douane.
Mais derrière cette promesse d’emploi se cachait un système d’exploitation sexuelle bien organisé.
Interpellation en flagrant délit
Une surveillance ciblée menée au garage routier de Ziguinchor a permis aux enquêteurs d’interpeller la recruteuse au moment où elle réceptionnait une nouvelle victime.
Au cours de son audition, la mise en cause a reconnu l’existence d’une véritable structure tarifaire : 100 000 FCFA pour le transport, assortis d’une commission de 50 000 FCFA par victime ; sélection des jeunes filles sur la base de photos envoyées via WhatsApp ; imposition à chaque victime d’une dette fictive de 1 500 000 FCFA, à rembourser par mensualités de 300 000 FCFA issues de l’exploitation sexuelle.
Séquestration et logistique organisée
L’intervention des forces de l’ordre dans un appartement situé au quartier Goumel, à Ziguinchor, a permis de découvrir le dispositif local mis en place pour maintenir les victimes sous contrôle.
Une femme, recrutée en novembre 2025, était chargée de surveiller en permanence les jeunes filles afin de prévenir toute tentative de fuite. Elle-même était maintenue dans l’appartement sous la contrainte d’une dette non apurée.
Un gérant de débit de boisson local assurait, quant à lui, l’hébergement occulte des victimes en contrepartie d’une rémunération mensuelle, facilitant ainsi les activités du réseau.
Documents présumés faux saisis
L’opération s’est soldée par l’interpellation du cerveau de la filière locale, du responsable de la séquestration des victimes et du complice ayant fourni les moyens logistiques. Des documents administratifs sierra-léonais présumés faux ont également été saisis.
L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuelles ramifications et de démanteler totalement la filière.
