Le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS) a vivement réagi à la composition du nouveau gouvernement, saluant d’abord les prérogatives constitutionnelles du président de la République en matière de nomination.
Toutefois, dans un communiqué signé par son secrétaire général, Dr Honoris Causa Mballo Dia Thiam, le syndicat exprime sa « surprise » face au maintien d’Ibrahima Sy au ministère de la Santé et, surtout, sa « vive déception » après le remplacement de Boucar Diouf, conseiller en travail social, par Paul Joseph Ndiaye, auditeur spécialisé en finance, à la tête de l’Action sociale.
Selon le SUTSAS, cette nomination constitue un « recul préoccupant » pour un secteur qui, depuis les Assises nationales de l’Action sociale, a connu une profonde professionnalisation avec la création du corps des conseillers et spécialistes en travail social, formés à l’École nationale des travailleurs sociaux spécialisés (ENTSS).
Le syndicat rappelle que l’Action sociale est un pilier de la cohésion nationale et de la protection des populations vulnérables, estimant que sa gouvernance devrait revenir à un professionnel du travail social. « De la même manière qu’un commissariat est dirigé par un policier ou une école par un enseignant, l’Action sociale doit être conduite par un travailleur social », soutient-il.
Pour illustrer son propos, le SUTSAS compare cette nomination à la désignation « d’un prêtre pour diriger la prière dans une mosquée ou d’un imam pour officier dans une église », estimant qu’il existe un décalage entre les compétences requises et les responsabilités confiées.
Réaffirmant son engagement en faveur de la reconnaissance institutionnelle du travail social, le syndicat appelle les autorités à confier la direction de l’Action sociale à des professionnels du secteur, au nom de la compétence, de la légitimité et de l’efficacité.
Tafsir KANE
