Dans la dynamique de célébration de la Journée internationale des droits des femmes placée sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles » [Sic], les journalistes membres de l’Association des Professionnels de l’Information sur le Genre (APIG) ont pris part, ce lundi à Dakar, à une session de renforcement de capacités sur l’utilisation des statistiques de genre dans leurs productions médiatiques.
Organisée en collaboration avec ONU Femmes et la Direction de l’Équité et de l’Égalité de Genre (DEEG), cette rencontre vise à mieux outiller les professionnels de l’information pour intégrer les données chiffrées dans le traitement des questions d’égalité et de droits des femmes.
Les médias, relais essentiels des données de genre
Prenant la parole au nom de la Directrice nationale de l’Équité et de l’Égalité de Genre, Mme Astou Diouf Guèye, la responsable du Bureau Statistiques Genre et Études, Sadio Kanouté, a insisté sur l’importance des données dans la lutte contre les inégalités.
Selon elle, les statistiques de genre constituent un levier stratégique pour orienter les politiques publiques et mesurer les progrès réalisés en matière de droits des femmes.
« Ce qui n’est pas documenté reste souvent invisible et ce qui reste invisible est rarement traité avec l’urgence qu’il mérite », a-t-elle rappelé, soulignant que les médias jouent un rôle déterminant dans la diffusion et la compréhension de ces données par le grand public.
Elle a également salué le projet Women Count d’ONU Femmes qui vise à renforcer la production et l’utilisation des statistiques de genre pour éclairer les décisions publiques et renforcer la redevabilité.
Mieux maîtriser les chiffres pour mieux informer
Pour la présidente de l’APIG, Adama Diouf Ly, cette formation répond à un besoin réel des journalistes dans l’exercice de leur métier. Elle a expliqué que le journaliste, pour informer de manière juste et crédible, doit être capable de comprendre et d’exploiter correctement les données statistiques.
« Maîtriser les mots et les chiffres est essentiel pour produire une information fiable », a-t-elle affirmé, comparant l’utilisation des outils statistiques par les journalistes à celle d’un médecin utilisant ses instruments dans un bloc opératoire.
Elle a également rappelé que l’intégration de la dimension genre dans les productions médiatiques contribue à la construction d’une société plus juste et plus équitable.
Transformer les chiffres en histoires humaines
De son côté, Seynabou Sarr, chargée des questions d’égalité des sexes au bureau pays d’ONU Femmes, a souligné que les données sur les violences basées sur le genre, le travail non rémunéré ou encore les discriminations existent déjà, mais qu’elles doivent être rendues accessibles au public.
Selon elle, les journalistes sont les « passeurs » capables de transformer les chiffres en récits compréhensibles pour les citoyens. « Les données ne changeront rien si elles restent enfermées dans des rapports techniques. C’est votre plume, votre micro ou votre caméra qui leur donnent vie », a-t-elle déclaré.
À travers cette session de formation, les organisateurs entendent renforcer les capacités des journalistes à produire des contenus fondés sur des données probantes afin de mieux documenter les inégalités et contribuer à une plus grande redevabilité en matière de droits des femmes.
Au-delà de la célébration, cette initiative se veut ainsi un pas de plus vers un journalisme sensible au genre, capable de faire des statistiques un outil d’information, de plaidoyer et de transformation sociale.
