L’Agence de régulation des marchés (ARM) a présenté, vendredi à Dakar, son Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030, avec l’ambition de contribuer activement à la souveraineté alimentaire du Sénégal à travers une meilleure régulation des marchés agricoles et le renforcement des capacités de stockage.
Élaboré avec l’appui de l’agence belge de coopération internationale Enabel, ce plan prévoit notamment la construction de chambres froides d’une capacité globale de 250 000 tonnes destinées à améliorer la conservation des denrées alimentaires, en particulier la pomme de terre et l’oignon.
L’objectif est de réduire les pertes post-récolte, stabiliser les prix et garantir des revenus plus stables aux producteurs. « Ce plan stratégique porte une ambition forte : bâtir un système de marchés agricoles plus résilient, plus compétitif et davantage au service du développement national », a déclaré Moussa Ba, président du conseil d’administration de l’ARM, lors de la cérémonie de présentation.
Selon lui, l’État du Sénégal mise sur ce programme pour protéger les consommateurs tout en valorisant la production locale dans un contexte marqué par les changements climatiques, les perturbations des approvisionnements et la volatilité des prix.
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a souligné que la régulation constitue un levier essentiel pour assurer le bon fonctionnement des marchés et atteindre la souveraineté alimentaire. Il a indiqué qu’une dizaine de chambres froides sont déjà en construction, une initiative qui devrait contribuer à la stabilisation des prix et à la réduction des pertes.
Le PSD prévoit également la modernisation du système d’information des marchés grâce au numérique, avec une amélioration de la collecte et de la diffusion des données agricoles. Dans ce cadre, une cinquantaine de tablettes ont été remises à des agriculteurs par Enabel pour faciliter l’accès à l’information et renforcer la concertation avec les producteurs.
Pour la représentante d’Enabel, Aïssatou Keïta, produire davantage ne suffit pas sans des marchés organisés, transparents et équitables. Elle estime que le renforcement du rôle de l’ARM est déterminant pour assurer une meilleure circulation de l’information et une valorisation efficace de la production nationale dans les années à venir.
