Au Sénégal, la sous-nutrition continue de peser lourdement sur la société et l’économie. Selon une publication de Nutrition International, le coût de l’inaction est estimé à au moins 856 millions de dollars US par an, soit environ 3,2 % du revenu national brut. Ce fardeau, relevé par le Premier ministre, Ousmane Sonko, en Conseil des ministres, mercredi dernier, se traduit notamment par des pertes cognitives et des décès évitables.
Chaque année, le pays enregistre ainsi la perte de 919 000 points de quotient intellectuel, 297 000 années de scolarité perdues, 3 500 décès d’enfants et 177 décès maternels liés notamment à des maladies comme le cancer et le diabète de type II.
La situation nutritionnelle reste préoccupante, en particulier chez les femmes et les adolescentes, avec une prévalence de l’anémie de 52,7 %. Malgré des progrès, le Sénégal reste loin de l’objectif mondial fixé pour 2030. Cette malnutrition fragilise les populations, accroît leur vulnérabilité aux maladies et freine le développement du capital humain, relève la publication transmise à la presse, vendredi.
Des gains nourris en vue
Pourtant, le document note que les bénéfices d’une action renforcée sont considérables. L’atteinte des objectifs mondiaux de nutrition pourrait transformer la situation. Par exemple, la réduction du retard de croissance permettrait d’éviter 44 000 cas par an, 1 800 décès et des pertes économiques estimées à 299 millions de dollars.
De même, poursuit-on, un million de cas d’anémie pourraient être évités chaque année, générant un gain économique de 33 millions de dollars. L’amélioration du poids à la naissance et la promotion de l’allaitement maternel exclusif contribueraient aussi à sauver des vies, préserver des capacités cognitives et réduire significativement les pertes économiques.
Face à ces enjeux, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé des réformes majeures en Conseil des ministres. Il a pointé des faiblesses dans la gouvernance du secteur, notamment le manque de coordination, la fragilité du financement et l’insuffisante implication des collectivités territoriales. Il a ainsi instruit l’actualisation de la Politique nationale de développement de la nutrition et la révision du plan stratégique 2024-2028, en cohérence avec les priorités nationales.
Parmi les mesures phares figure la mise en place d’une plateforme digitale intégrée d’ici fin 2026 pour améliorer la gestion des données. Le gouvernement prévoit également de renforcer la sensibilisation et d’intégrer davantage la nutrition dans les systèmes éducatifs et de recherche.
