Cinquante ans après son implantation au Sénégal, SOS Villages d’enfants affiche un bilan qui se mesure moins en années qu’en destins transformés. À l’occasion de sa journée portes ouvertes, organisée jeudi à Dakar sous le thème « 50 ans de liens et d’impacts au service des enfants et des familles au Sénégal », les pouvoirs publics ont salué un modèle de protection et d’insertion sociale qui s’est progressivement enraciné dans le dispositif national.
Pour Aïssatou Gassama Tall, directrice générale de la Protection judiciaire et sociale, les résultats enregistrés au cours de la dernière décennie traduisent « des vies transformées, des opportunités créées et des espoirs renouvelés ». Plus de 100 000 enfants et jeunes ont ainsi été accompagnés, tandis que près de 2 980 familles vulnérables ont été renforcées, notamment pour prévenir les séparations familiales.
La responsable de la Protection judiciaire et sociale a également insisté sur l’importance du partenariat noué avec l’État. « Aucune institution ne peut agir seule », a-t-elle relevé, face aux vulnérabilités sociales, aux ruptures familiales, aux violences et aux différentes formes d’atteinte aux droits de l’enfant. D’où la nécessité, selon elle, d’une mobilisation constante des acteurs publics et privés pour bâtir « un système de protection de l’enfance toujours plus efficace, inclusif et durable ».
Un modèle à consolider, des partenaires privés à mobiliser

Le conseiller technique du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Oumar Ndiaye, a, lui aussi, mis en avant le bilan d’un demi-siècle d’engagement. Implantée au Sénégal depuis 1976 et présente dans huit régions, l’organisation a accompagné quotidiennement des milliers d’enfants et de jeunes et renforcé 2 980 familles vulnérables. Mais au-delà des statistiques, « ces chiffres traduisent des vies transformées, des sourires retrouvés, des destins reconnus et des citoyens accomplis », a-t-il souligné.
Pour le représentant du ministère de tutelle, cette réussite repose sur le dévouement des professionnels, des bénévoles, des tuteurs et tutrices, mais aussi sur l’engagement des partenaires et donateurs. Le modèle vise à offrir aux enfants un environnement familial protecteur, à favoriser leur réinsertion familiale et scolaire et, à terme, leur permettre de réaliser pleinement leur potentiel.
Le Sénégal, a rappelé Oumar Ndiaye, a consacré son engagement en ratifiant la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. L’intérêt supérieur de l’enfant et la prise en compte de sa voix doivent ainsi rester au cœur des politiques publiques.
Mais les défis demeurent considérables : enfants en situation de rue, vulnérabilités sociales, besoins spécifiques et accès aux services essentiels. Pour y répondre, le représentant du ministère a lancé un appel aux entreprises. « Investir dans un enfant, c’est investir sur l’avenir d’un pays », a-t-il martelé, plaidant pour des rencontres et forums avec les secteurs privé et public afin d’identifier de nouveaux mécanismes de financement et d’accompagnement.
À travers cette célébration, SOS Villages d’enfants entend donc capitaliser sur cinq décennies d’expérience tout en ouvrant un nouveau chapitre fondé sur la solidarité. Car, comme l’a rappelé Mme Gassama Tall, le cinquantenaire est à la fois « un moment de reconnaissance » et « une invitation à regarder l’avenir avec ambition ».
