Au sortir de sa visite des stands de la 15e édition du Salon international de l’agroalimentaire (SIAGRO), ouverte ce jeudi au Centre d’exposition de Diamniadio, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, Mabouba Diagne, a placé l’événement au cœur de la stratégie nationale de souveraineté alimentaire. Pour lui, le SIAGRO constitue une plateforme de convergence entre État, secteur privé, partenaires techniques et financiers, chercheurs, jeunes et femmes pour bâtir une agriculture productive et industrialisée.
Selon le ministre, la politique de souveraineté alimentaire repose sur la stratégie des « trois FTC » : « former les agriculteurs, les formaliser en coopératives communautaires et mobiliser des financements innovants à travers des partenariats publics-privés, notamment avec des partenaires comme la Banque mondiale à travers le programme AgriConnect ».
A l’en croire, transformer durablement l’agriculture sénégalaise nécessite des moyens financiers énormissimes estimés à 3 000 milliards de FCFA.
Des records de production « incontestés » face au défi de la transformation agro-industrielle
Dans la foulée, Mabouba Diagne s’est félicité des résultats obtenus en 24 mois sous l’impulsion du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye et du Premier ministre, Ousmane Sonko. Des performances jugées « incontestables » avec des records de production fièrement proclamés par le ministre. Il s’agit de 969 000 tonnes d’arachide, des rendements rizicoles pouvant atteindre 10 tonnes à l’hectare, de 450 000 tonnes d’oignons, de 250 000 tonnes de pommes de terre, de plus de 112 000 tonnes de bananes et une progression de plus de 40% du coton. Des résultats qui, selon lui, confirment la réussite de la politique de production agricole.
Mais le principal défi reste désormais la transformation agro-industrielle et la réduction des pertes post-récolte. Là-dessus, le ministre a lancé un appel au secteur privé national pour investir dans des hangars de stockage frigorifique pouvant atteindre 100 000 à 150 000 tonnes, afin de sécuriser la production et renforcer les chaînes de valeur.
S’inspirant de l’exemple du Brésil, Mabouba Diagne a insisté sur l’importance de la recherche, de l’innovation, de la digitalisation et de l’agriculture de précision pour produire et transformer localement ce que le Sénégal consomme, tout en développant l’exportation.
Convaincu que l’État ne peut pas agir seul, il invite le secteur privé et la jeunesse à saisir les opportunités d’emplois et de rentabilité offertes par l’agriculture, l’élevage, la transformation et la commercialisation. Pour le ministre, le SIAGRO apporte la preuve que le Sénégal peut relever le défi de la souveraineté alimentaire à condition d’unir les forces et d’investir massivement dans l’agro-industrie.
