La croissance du taux de prévalence contraceptive au Sénégal continue de produire des résultats jugés significatifs par les acteurs de la santé. Réunis ce lundi à Dakar à l’initiative du consortium 3 CapSanté, responsables sanitaires, partenaires techniques et organisations de plaidoyer ont mis en avant les avancées enregistrées dans le domaine de la planification familiale (PF), tout en appelant à un renforcement des financements et de l’engagement communautaire.
Représentant la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (Dsme), Dr Ndèye Awa Diagne a révélé que près de 900 mille femmes utilisent actuellement une méthode contraceptive moderne au Sénégal. Selon les dernières données de la Dsme, cette progression, notée en 2025, a permis d’éviter 353 mille grossesses non désirées, 75 mille avortements à risque et environ 640 décès maternels.
Ces résultats, a-t-elle souligné, traduisent les efforts consentis par les autorités sanitaires pour améliorer l’accès aux services de santé reproductive. Toutefois, plusieurs obstacles demeurent, notamment les rumeurs autour des méthodes contraceptives, les effets secondaires souvent redoutés par les utilisatrices, ainsi que le faible engagement de certains maris dans les décisions liées à la planification familiale.
La spécialiste a également insisté sur la nécessité de renforcer le système de santé à travers la délégation de tâches au niveau communautaire, la disponibilité continue des produits contraceptifs et le maintien du personnel qualifié dans les zones difficiles d’accès. Elle a plaidé pour une meilleure implication des mutuelles de santé et des institutions de prévoyance maladie dans la prise en charge des services de PF.
Conseiller technique du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique chargé de la coopération, Cheikh Tidiane Guèye a rappelé les progrès réalisés dans la réduction de la mortalité maternelle au cours des dix dernières années.
Selon lui, le gouvernement travaille à rapprocher davantage les structures sanitaires des communautés afin de garantir une meilleure prise en charge des mères et des enfants.
Il a toutefois estimé que les besoins restent importants et nécessitent une mobilisation accrue des ressources. « Les financements ne seront jamais suffisants si nous ne travaillons pas ensemble pour renforcer durablement le système de santé », a-t-il déclaré, évoquant la nécessité de disposer d’infrastructures adaptées, d’équipements performants et de personnels qualifiés.
De son côté, Patrick Mugirma, directeur régional du programme du consortium SASA et Samasah, a indiqué que les partenaires souhaitent accompagner les priorités déjà définies par l’État du Sénégal, sans imposer de nouvelles orientations.
Il a mis en avant trois objectifs majeurs : combler le déficit de financement de la planification familiale, soutenir les politiques publiques et renforcer un plaidoyer adapté aux réalités socioculturelles du Sénégal.
M. Mugirma a également insisté sur la nécessité de travailler « en parfaite intelligence » avec les autorités étatiques, les communautés locales et les leaders d’opinion afin de promouvoir la planification familiale sans heurter les sensibilités culturelles.
