En Conseil des ministres ce mercredi au palais présidentiel, le Premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé le lancement d’un vaste chantier de sécurisation des documents administratifs de l’État. Présentant les documents authentiques comme « le premier baromètre de la crédibilité des procédures étatiques », il a dressé un état des lieux préoccupant du fonctionnement actuel de l’administration.
Selon le chef du gouvernement, l’administration sénégalaise reste marquée par la circulation de documents insuffisamment sécurisés, l’absence de standardisation des actes, l’hétérogénéité des supports et le manque de mécanismes fiables de traçabilité. Ces vulnérabilités touchent notamment des documents à forte valeur stratégique et juridique comme les diplômes, attestations, passeports, permis de conduire, cartes nationales d’identité ainsi que plusieurs actes à incidence financière.
Pour corriger ces insuffisances, le Premier ministre a retenu la mise en place d’un dispositif national intégré de sécurisation des documents administratifs. Cette réforme vise à garantir de manière systématique et vérifiable l’authenticité, l’intégrité, la traçabilité et la valeur juridique des documents officiels.
Le dispositif envisagé reposera notamment sur la définition de standards nationaux de sécurité documentaire, l’installation de chaînes de production sécurisées, l’intégration de protections physiques et numériques, la sécurisation des données et des processus de personnalisation ainsi que la mise en place de systèmes de vérification jugés accessibles et fiables.
Flambée du pétrole : le gouvernement mise sur le gaz national et la sobriété énergétique
Abordant ensuite le contexte géopolitique international, le Premier ministre a évoqué l’instabilité persistante au Moyen-Orient et ses répercussions sur les marchés pétroliers mondiaux. Ousmane Sonko a souligné que la hausse du prix du baril affecte directement le Sénégal, pays importateur net d’hydrocarbures, à travers une pression accrue sur les finances publiques, une détérioration de la balance commerciale et une augmentation des coûts de production.
Face à cette situation, le gouvernement entend accélérer la valorisation des ressources gazières nationales, promouvoir la sobriété énergétique, renforcer la transition vers les énergies renouvelables et diversifier les sources d’approvisionnement. Le chef du gouvernement a également demandé la mise en place d’un « bouclier énergétique ciblé » pour protéger les secteurs stratégiques et préserver le pouvoir d’achat des ménages, ainsi qu’une révision du régime fiscal du secteur.
Électricité : Sonko exige un plan de performance et un audit des engagements financiers
Le Premier ministre a enfin insisté sur la nécessité de renforcer le pilotage stratégique du secteur de l’électricité, notamment la performance opérationnelle de la SENELEC. Il a instruit le ministre chargé de l’Énergie, en concertation avec plusieurs départements ministériels et le BOCS, de préparer un Conseil interministériel consacré à la performance, à la soutenabilité financière et aux perspectives de développement du secteur. Une note de cadrage devra être transmise à la Primature dans un délai de trente jours.
Par ailleurs, le ministre des Finances et celui de l’Énergie devront conduire, avec les dirigeants de la SENELEC, une évaluation exhaustive des engagements financiers de l’État envers le secteur électrique afin de proposer une trajectoire compatible avec les impératifs budgétaires.
De son côté, la SENELEC devra soumettre un plan opérationnel de performance couvrant les volets technique, commercial, financier et organisationnel. La Commission de régulation du secteur de l’énergie contribuera également à l’évaluation des mécanismes tarifaires et à la définition d’indicateurs de suivi de la performance.
