La réaction du Dr Hc Mballo Dia Thiam, Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS) et Président de l’Alliance des syndicats autonomes de la santé « And Gueusseum », ne s’est pas faite attendre après l’adresse à la Nation du chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, prononcée ce mercredi 31 décembre 2025. Le syndicaliste se dit profondément déçu par un discours qui, selon lui, passe à côté des véritables urgences du secteur de la santé.
Pour Mballo Dia Thiam, les annonces présidentielles relatives à la santé sont largement insuffisantes. La construction envisagée de 35 centres de santé et le recrutement de 2 500 à 2 700 agents ne répondent en rien à l’ampleur des besoins. « C’est une quantité négligeable », estime-t-il, rappelant que sur un budget national de près de 7 000 milliards de francs CFA, seuls 217 milliards, soit environ 3 %, sont alloués à la santé. Une proportion qu’il juge révélatrice du peu de considération accordée à ce secteur vital.
Le leader syndical pointe également un déséquilibre criant dans la politique de recrutement de la fonction publique. Sur les 18 000 agents annoncés, la santé n’en récupèrerait qu’une faible part, une situation qu’il qualifie de problématique dans un contexte de déficit chronique en ressources humaines sanitaires.
Au-delà des chiffres, Mballo Dia Thiam insiste sur ce qu’il considère comme le véritable nœud du problème : le fonctionnement du système existant. Selon lui, le pays ne souffre pas prioritairement d’un manque d’infrastructures, mais plutôt de l’incapacité à rendre opérationnel l’existant. « Notre bataille, c’est que le minimum disponible soit fonctionnel », martèle-t-il, regrettant que cet aspect essentiel n’ait pas été abordé par le Président.
Le président d’And Gueusseum s’inquiète également de la persistance de budgets qu’il qualifie de « maigres », avec pour conséquence directe une forte contribution financière des ménages. Il alerte sur la poursuite des dépenses catastrophiques de santé, dans un système où le financement repose encore largement sur les familles, faute de mécanismes publics efficaces.
Autre grande absence du discours présidentiel, selon le syndicaliste : les orientations claires en matière de réformes. Qu’il s’agisse de la carte sanitaire, de la réforme hospitalière ou du futur Code de la santé, Mballo Dia Thiam affirme que son organisation ne partage pas l’approche actuelle des autorités. Pour lui, ces réformes ne régleront rien tant que les problèmes fondamentaux — ressources humaines, ressources financières et équipements — ne sont pas résolus. Il souligne d’ailleurs que le SUTSAS et And Gueusseum refusent de valider certains de ces textes, à l’exception de la nécessité de réactualiser le Code de la santé.
La question de la couverture sanitaire universelle (CSU) constitue une autre source de frustration. Le syndicaliste déplore l’absence totale de référence à ce chantier majeur, qui nécessite selon lui un financement « holistique et systémique ».
Enfin, Mballo Dia Thiam exprime son amertume face à ce qu’il qualifie de crise sociale persistante dans le secteur de la santé. Il regrette notamment que le Président n’ait dit aucun mot sur la situation des travailleurs et n’ait toujours pas signé le décret portant intégration des techniciens supérieurs de santé, pourtant adopté en Conseil des ministres depuis près d’un mois. Un retard qu’il considère comme préjudiciable à la carrière de nombreux agents.
Pour And Gueusseum, le discours du chef de l’État laisse un sentiment de « grand désespoir ». Une déception à la hauteur des attentes suscitées par l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye, et qui annonce, selon le syndicat, des lendemains sociaux toujours incertains dans le secteur de la santé.
