Le Sénégal a franchi, mercredi 5 août, une nouvelle étape dans le renforcement de son système de santé avec le lancement officiel des activités du Laboratoire de toxicologie et de pharmacologie clinique du Centre national Anti-Poison (CNAP), une infrastructure que le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, présente comme « une avancée majeure » dans la lutte contre les intoxications. La cérémonie a également été marquée par la remise de véhicules spécialisés d’une valeur globale de 965 158 591 francs CFA, financés avec l’appui de la Banque mondiale.
Présidant la cérémonie au Centre national Anti-Poison, à l’Hôpital de Fann, le ministre a souligné que cette nouvelle plateforme technologique répond à une menace « réelle et permanente » que constituent les intoxications environnementales, professionnelles, médicamenteuses et alimentaires.
« Face à l’urgence toxicologique, la rapidité et la précision du diagnostic constituent le premier rempart pour sauver des vies », a déclaré Dr Ibrahima Sy, rappelant que les capacités nationales d’analyse restaient jusque-là limitées.

Grâce à la réhabilitation complète du CNAP et à l’acquisition d’équipements scientifiques de dernière génération, le laboratoire permettra d’identifier précocement les substances toxiques. Il contribuera également au renforcement de l’expertise médico-légale, en fournissant des preuves scientifiques conformes aux normes ISO, à la lutte contre le dopage selon les standards de l’Agence mondiale antidopage, ainsi qu’au développement de la recherche et de la vigilance sanitaire.
Près d’un milliard de FCFA de véhicules spécialisés
La seconde composante de la cérémonie a été consacrée à la remise officielle de deux véhicules spécialisés destinés à renforcer les capacités opérationnelles des services techniques du ministère, pour un investissement total de 965 158 591 francs CFA.
Le premier équipement est un camion mobile de laboratoire destiné à l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), acquis pour plus de 624 millions de francs CFA. Selon le ministre, il permettra de rapprocher les activités de contrôle de la qualité des médicaments des zones les plus éloignées, de détecter rapidement les produits médicaux falsifiés ou de qualité inférieure et de consolider le Niveau de maturité 3 (ML3) obtenu par le Sénégal auprès de l’Organisation mondiale de la Santé.
Le second est un camion-atelier de maintenance biomédicale remis à la Direction des Équipements et de la Maintenance (DEM). D’un coût supérieur à 340 millions de francs CFA, ce laboratoire mobile est doté d’appareils de métrologie de dernière génération permettant de contrôler les couveuses, respirateurs et équipements d’imagerie médicale. « Il permettra de réduire le temps d’immobilisation des équipements médicaux et de garantir la continuité et la sécurité des soins », a expliqué Dr Sy.
Plus de 96 milliards de FCFA mobilisés avec la Banque mondiale

Le ministre a également mis en avant le rôle déterminant de la Banque mondiale dans ces réalisations, à travers le projet « Réponse à la COVID-19 », mis en œuvre entre 2020 et 2025.
Ce programme comprend un projet initial de 20 millions de dollars (plus de 11,9 milliards de FCFA), exécuté à 99,94 %, qui a notamment permis la construction du Centre de traitement épidémique de l’Hôpital de Fann. Il a été complété par un premier financement additionnel de 134 millions de dollars (plus de 75,6 milliards de FCFA) consacré à la vaccination et à la riposte sanitaire, ainsi qu’un second financement de 15 millions de dollars (plus de 9,6 milliards de FCFA) destiné à assurer la continuité des soins maternels, néonatals, infantiles et juvéniles.
À l’issue de la crise sanitaire, le projet a été réorienté vers le renforcement durable du système de santé, avec plus de 40 milliards de FCFA investis dans les équipements médicaux, la réhabilitation du Laboratoire national d’Élevage et de Recherches vétérinaires (LNERV), celle du Centre national Anti-Poison et l’acquisition des nouveaux véhicules spécialisés.
Réitérant la gratitude du Gouvernement envers la Banque mondiale et l’OMS, Dr Ibrahima Sy a invité les équipes du CNAP, de l’ARP et de la DEM à « faire une utilisation optimale et rigoureuse de ces équipements d’exception pour en garantir la pérennité ».
Bilkissa
