L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) And Gueusseum intensifie le bras de fer avec le gouvernement. Dans son communiqué de grève n°8 rendu public, ce dimanche 1er mars à Dakar, le président Mballo Dia Thiam et ses camarades de l’organisation syndicale annoncent un huitième plan d’actions marqué par des grèves perlées de 48 heures par semaine durant tout le mois de mars 2026.
Le mot d’ordre prévoit des arrêts de travail les 5 et 6 mars, les 12 et 13 mars ainsi que les 26 et 27 mars, à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. La particularité de cette nouvelle phase est que les grèves se dérouleront sans service minimum, avec toutefois la prise en charge des urgences.
En parallèle, l’alliance syndicale décrète le boycott de toutes les réunions de coordination, des staffs, des ateliers et des supervisions du 12 au 30 mars, ainsi que la tenue d’assemblées générales départementales de mobilisation tout au long du mois.
Des ponctions sur salaire jugées « illégales, exagérées et punitives »
And Gueusseum justifie cette radicalisation par ce qu’elle qualifie de « manœuvres dilatoires » du gouvernement et dénonce des ponctions salariales jugées « illégales, exagérées et punitives ». Mballo Dia Thiam et Cie rappellent qu’en 2018, dix-sept plans d’actions n’avaient entraîné aucune retenue sur salaire et avaient débouché sur des avancées notables, dont la signature de plusieurs décrets relatifs à la Fonction publique locale et à la carrière des techniciens supérieurs de santé.
L’organisation syndicale exprime également son incompréhension face à l’attitude du ministre de la Santé, Ibrahima Sy, qu’elle accuse de « coup de poignard dans le dos », tout en rappelant avoir accompagné les campagnes nationales et internationales de vaccination avec des taux de couverture supérieurs à 99 %.
And Gueusseum affirme par ailleurs avoir adressé des demandes d’audience et un manifeste au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, restés sans réponse à ce jour.
Une évaluation du mouvement est prévue le 31 mars à Dakar. D’ici là, le secteur de la santé et de l’Action sociale s’achemine vers un mois de fortes perturbations, sur fond de tensions persistantes autour de l’apurement du passif social et de l’application des accords résiduels.
