L’Union pour le Renouveau démocratique (URD) hausse le ton après l’adoption, ce lundi, par la majorité parlementaire Pastef, de la proposition de révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale. Son secrétaire général national, le Pr Diégane Sène, dénonce une stratégie qu’il juge destinée à installer un climat de blocage institutionnel et appelle le président de la République à dissoudre le Parlement dès que les dispositions constitutionnelles le permettront.
Face à la presse, le leader de l’URD a qualifié la démarche de la majorité de « pernicieuse », estimant que « tout se passe comme si ces députés voulaient empêcher véritablement tout avancement ». Selon lui, les parlementaires de Pastef agissent à rebours des attentes des Sénégalais. « Aujourd’hui, ils font tout à fait le contraire. Ils font tout pour que personne ne travaille précisément. C’est de la diversion. Il faut occuper le président, il faut occuper le gouvernement à autre chose pour qu’il n’ait pas le temps d’avoir des résultats », a-t-il déclaré.
Pour le Pr Sène, la réponse à cette situation passe par une dissolution de l’Assemblée nationale. « Il faut qu’il dissolve l’Assemblée dès le mois de décembre. C’est le seul moyen. Il n’y en a pas un autre », a-t-il insisté, estimant qu’une telle décision permettrait de rétablir un climat politique apaisé en attendant l’organisation de nouvelles élections législatives.
Il appelle également les partis de l’opposition et les organisations de la société civile à dépasser leurs divergences pour faire front commun. « Il faut que tout le monde se débarrasse de son ego. Que nous soyons une seule et unique voix, une seule et unique main pour agir », a-t-il plaidé, jugeant que seule une mobilisation de l’électorat permettra de sortir durablement de la crise institutionnelle.
Réaffirmant le soutien de son parti au chef de l’État, le secrétaire général de l’URD assure que sa formation accompagnera le président Bassirou Diomaye Faye dans cette période qu’il considère décisive. « Le président peut compter sur l’URD. Nous l’accompagnons déjà », a-t-il affirmé, rappelant que son parti avait choisi de soutenir la candidature de l’actuel président avant la présidentielle. Pour le Pr Diégane Sène, « la nation est menacée de déliquescence », ce qui impose, selon lui, de placer « l’intérêt supérieur du pays » au-dessus des considérations partisanes afin de surmonter le blocage institutionnel.
Tafsir KANE
