Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT), qui regroupe plusieurs centrales syndicales du pays, a dénoncé samedi une « violation grave du dialogue social » par le gouvernement et sonné la mobilisation contre les projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale.
Lors d’une conférence de presse tenue à la Maison Madia Diop, siège de la CNTS, les responsables syndicaux ont reproché à l’État d’avoir engagé l’examen des deux textes à l’Assemblée nationale sans avoir transmis aux partenaires sociaux leurs versions définitives, malgré une demande formulée conjointement par les organisations syndicales et patronales.
Selon Mody Guiro, cette démarche est contraire aux engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable ainsi qu’aux principes de consultation prévus par la Convention 144 de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Le syndicaliste et ses camarades du FSDT contestent particulièrement la réforme du contrat à durée déterminée (CDD), dont la durée passerait de deux à quatre ans avec la possibilité de trois renouvellements. Ils y voient une mesure de « régression sociale » susceptible d’accentuer la précarité de l’emploi et d’affaiblir la représentation syndicale. « Le gouvernement a choisi le passage en force », a-a-t-il déclaré, estimant que les propositions des travailleurs n’ont pas été prises en compte au terme de plusieurs années de concertations sur la modernisation de la législation sociale.
Cette sortie intervient pourtant dans un contexte marqué par la mise en place du nouveau ministère de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, dirigé par Mamadou Lamine Dianté, qui a récemment multiplié les rencontres avec les syndicats sectoriels et les centrales syndicales dans le cadre d’une dynamique de concertation.
Estimant que les conditions d’un consensus ne sont pas réunies, le Front syndical a annoncé la tenue d’une assemblée générale des travailleurs le 3 juillet prochain à la Bourse du travail de la CNTS, à Keur Madia. Cette rencontre devra statuer sur les modalités de la mobilisation et sur un mot d’ordre de grève générale de 24 heures envisagée pour le 10 juillet, dit M. Guiro.
Le FSDT appelle l’ensemble des travailleurs, retraités et forces sociales à se mobiliser pour défendre les acquis sociaux et préserver les principes du dialogue social.
Tafsir KANE
