Face aux informations relayées dans certains médias et sur les réseaux sociaux concernant le recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais dans des pays de la sous-région, le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) est sorti de sa réserve pour apporter des précisions afin de lever toute ambiguïté.
Dans un communiqué rendu public ce lundi 5 janvier, le MESRI dénonce un traitement informationnel jugé « équivoque », ayant parfois présenté ces mobilités comme « une perte d’attractivité du système universitaire sénégalais », voire comme une « fuite des cerveaux ». Le ministère rappelle que la mobilité des enseignants-chercheurs est une pratique ancienne et légitime, à condition qu’elle s’inscrive dans un cadre légal bien défini.
Le département dirigé par le Pr Daouda Ngom souligne par ailleurs que les universités publiques sénégalaises demeurent parmi les plus attractives de la sous-région. Elles se distinguent, selon le communiqué, par la qualité de leur environnement académique et par des niveaux de rémunération parmi les plus élevés de l’espace francophone d’Afrique subsaharienne. Cette attractivité est illustrée par la présence de nombreux universitaires originaires d’Afrique et d’Europe, renforçant ainsi la qualité des ressources humaines et l’ouverture internationale de l’université sénégalaise.
Sur le plan réglementaire, le ministère rappelle de manière ferme que les enseignants-chercheurs en activité dans les universités publiques sont soumis au principe de l’exclusivité de l’emploi dans la fonction publique, consacré par la loi n°61-33 du 15 juin 1961.
Selon les termes du communiqué, ce principe est complété par la loi n°81-59 du 9 novembre 1981, qui encadre strictement les modalités d’utilisation hors cadre du personnel enseignant des universités.
En conséquence, fait-on remarquer, un enseignant-chercheur sénégalais ne peut être engagé dans la fonction publique d’un autre État, sauf dans le cadre de mécanismes de coopération officiellement ratifiés et après autorisation conforme aux textes en vigueur.
C’est dans cet esprit que le MESRI évoque le protocole d’accord signé le 23 mai 2025 à Conakry entre le Sénégal et la Guinée, portant sur la coopération universitaire et scientifique. Cet accord prévoit la mobilité des enseignants et des étudiants, dont les modalités de mise en œuvre seront précisées ultérieurement par un comité de suivi.
Enfin, le ministère appelle les recteurs et chefs d’établissement à veiller au respect strict de la réglementation en matière de gestion des personnels enseignants et de recherche, afin de prévenir tout cumul irrégulier d’emplois.
Le MESRI salue les efforts quotidiens de l’ensemble des acteurs du monde universitaire et en appelle à leur sens élevé des responsabilités pour garantir le bon fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur.
