Planter massivement des arbres est devenu un levier central des stratégies climatiques européennes. Le Royaume-Uni comme l’Union européenne se sont fixé des objectifs ambitieux pour capter le carbone, restaurer la biodiversité et limiter les risques d’inondation. Mais selon plusieurs experts, les progrès actuels sont insuffisants et la fenêtre d’action se referme rapidement, rapporte euronews.
Le Royaume-Uni face à une « fenêtre critique »
Une analyse récente de l’Energy & Climate Intelligence Unit (ECIU) alerte sur le retard du Royaume-Uni en matière de plantation d’arbres. Plus de 70 % du carbone que les nouvelles forêts pourraient absorber d’ici 2050 dépend des arbres plantés au cours des cinq prochaines années, en raison du temps nécessaire à leur maturité.
Si le rythme actuel se maintient, le pays manquerait une surface équivalente à trois fois le Grand Londres, avec un tiers de carbone séquestré en moins par rapport à la trajectoire climatique officielle du Climate Change Committee. Les experts soulignent aussi les bénéfices indirects : réduction des inondations, amélioration de la qualité de l’eau, protection contre les vagues de chaleur et soutien à la biodiversité.
Le gouvernement britannique affirme avoir planté plus de 10 millions d’arbres en 2024-2025, sans toutefois répondre directement aux critiques sur l’écart avec ses objectifs à long terme.
L’UE loin de l’objectif des trois milliards d’arbres
De son côté, l’Union européenne s’est engagée à planter trois milliards d’arbres d’ici 2030. Pourtant, moins de 38 millions ont été déclarés à ce jour, soit à peine 1,26 % de l’objectif cinq ans après le lancement de l’initiative. Les progrès varient fortement selon les États membres, certains affichant des chiffres symboliques.
La Commission européenne reconnaît le retard mais rappelle que l’initiative repose sur un engagement volontaire. Des actions de sensibilisation et un prix européen prévu en 2027 visent à relancer la dynamique. Sans accélération majeure, cependant, les promesses de reboisement risquent de rester largement théoriques face à l’urgence climatique.
