Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a vivement réagi au décès tragique de M. Abdoulaye Ba, étudiant à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), survenu le lundi 9 février 2026 à la suite d’une incursion des forces de l’ordre dans le campus social.
Réuni en urgence le mardi 10 février, le Secrétariat national du SAES s’est incliné devant la mémoire du disparu et a présenté ses condoléances à la famille éplorée, à la communauté universitaire et à la Nation. Le syndicat rappelle que ce drame survient deux ans jour pour jour après la mort d’Alpha Yéro Tounkara, le 9 février 2024 à l’UGB de Saint-Louis, et s’inscrit dans une longue série de décès d’étudiants liés aux interventions policières dans les universités sénégalaises.
« Les forces de l’ordre sont allées bien au-delà du maintien de l’ordre, provoquant une mort tragique et l’embrasement des universités publiques »
Le SAES condamne fermement l’usage disproportionné et aveugle de la force, estimant que les forces de l’ordre sont allées bien au-delà du maintien de l’ordre, provoquant une mort tragique et l’embrasement des universités publiques. Il tient le Gouvernement du Sénégal pour responsable, dénonçant une mauvaise gestion récurrente des crises universitaires et exige que toute la lumière soit faite afin que les responsabilités soient situées et les coupables sanctionnés.
Rappelant un communiqué daté du 3 décembre 2025, le SAES affirme avoir alerté sur les risques d’escalade, appelé au dialogue inclusif, à la retenue des forces de l’ordre et au respect des franchises universitaires. Le syndicat salue par ailleurs les efforts de médiation engagés les 8 et 9 février par la Coordination SAES-UCAD.
Enfin, le SAES réitère son diagnostic des maux structurels de l’enseignement supérieur — massification incontrôlée, sous-financement, déficit d’enseignants, retards d’infrastructures et réformes non évaluées — et demande au gouvernement de surseoir à la réforme des bourses, plaidant pour des concertations sérieuses afin de pacifier durablement l’espace universitaire.
