Des élus locaux, parlementaires, responsables de programmes de santé, acteurs de la société civile et représentants du ministère de la Santé ont pris part à un atelier de plaidoyer consacré à la mobilisation des ressources domestiques dans le cadre du dialogue pays pour le GC8. Les participants ont insisté sur l’urgence pour le Sénégal de renforcer le financement interne du secteur sanitaire face à la baisse des appuis extérieurs.
Représentant la Direction générale de la Santé, Dr Cheikhou Sakho a rappelé que les programmes sanitaires du pays ont longtemps reposé essentiellement sur les financements internationaux. Selon lui, le contexte mondial actuel marqué par une raréfaction des ressources et une forte compétition entre les pays impose désormais une nouvelle approche.
« Aujourd’hui, il s’agit de réfléchir et de sensibiliser les autorités pour pouvoir allouer davantage de ressources domestiques à la santé », a-t-il déclaré, en soulignant la nécessité de soutenir particulièrement les programmes de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH.
Le médecin a indiqué que cet atelier vise également à mobiliser les décideurs politiques, notamment les parlementaires et les collectivités territoriales, afin qu’ils s’impliquent davantage dans le financement du système de santé.
Même constat du côté de Mme Aïssatou Mbaye Ndiaye, responsable du Comité de suivi de veille et d’alerte (Csva), qui a alerté sur les risques que fait peser le retrait progressif de plusieurs partenaires techniques et financiers.
Selon elle, les avancées enregistrées ces dernières années grâce au soutien des partenaires extérieurs risquent d’être compromises sans une mobilisation accrue des ressources nationales. Elle a plaidé pour une meilleure implication des collectivités territoriales dans le financement des actions sanitaires à travers leurs budgets locaux.
Présente à la rencontre, la députée Bouye Baby, représentant la Commission Santé de l’Assemblée nationale, a rappelé les acquis du partenariat avec le Fonds mondial depuis plus de vingt ans. Ces investissements ont permis, a-t-elle souligné, d’améliorer l’accès aux soins et de renforcer les systèmes de santé communautaire au Sénégal.
Toutefois, la parlementaire estime que la baisse des financements internationaux et les conséquences persistantes de la pandémie de COVID-19 obligent désormais les États à repenser leurs mécanismes de financement. « La mobilisation des ressources internes n’est plus une option, mais une nécessité stratégique », a-t-elle affirmé.
Enfin, elle a réitéré l’engagement des parlementaires à porter le plaidoyer pour une augmentation du budget alloué à la santé et à veiller à une meilleure prise en compte des préoccupations des communautés dans les politiques publiques.
