Malgré une forte baisse des traversées sur la route migratoire d’Afrique de l’Ouest depuis le début de l’année, Frontex appelle à la vigilance. L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes estime que les flux restent particulièrement instables et pourraient repartir à la hausse dans les prochains mois, notamment en raison de facteurs saisonniers et des incertitudes politiques au Sénégal.
Selon le dernier bilan de Frontex, la route d’Afrique de l’Ouest a enregistré environ 3 700 détections au premier semestre 2026, soit une baisse de 67 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ce recul est attribué aux mesures préventives déployées par la Mauritanie, puis par le Sénégal et la Gambie, en coopération avec l’Espagne et l’Union européenne, pour freiner les départs clandestins.
L’agence européenne souligne toutefois que cette tendance pourrait ne pas durer. L’amélioration des conditions météorologiques en période estivale favorise traditionnellement les départs de pirogues vers les îles Canaries, entraînant déjà une hausse saisonnière des tentatives de traversée.
Frontex estime également que le contexte politique au Sénégal constitue un facteur de vigilance susceptible d’influencer les mouvements migratoires. L’agence considère que les incertitudes entourant la gouvernance pourraient accentuer la pression migratoire au cours des prochains mois, même si aucune évolution significative n’a encore été observée aux frontières extérieures de l’Union européenne.
Au-delà des statistiques, l’agence rappelle que la Méditerranée demeure l’une des routes migratoires les plus meurtrières au monde. D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 1 300 personnes ont perdu la vie en mer depuis le début de l’année, victimes de traversées organisées par des réseaux de passeurs qui continuent d’exploiter la détresse des candidats à l’exil en les embarquant dans des conditions extrêmement dangereuses.
Face à ces défis, Frontex maintient le déploiement de 3 800 agents aux frontières extérieures de l’Union européenne afin d’appuyer les autorités nationales dans la surveillance des frontières et les opérations de sauvetage en mer.
