La région de Kaffrine, située au centre du Sénégal, a enregistré vingt-cinq cas de grossesses précoces en milieu scolaire au cours de l’année académique 2024-2025. Bien que ce chiffre place la région parmi celles ayant les taux les plus bas au niveau national, les acteurs de l’éducation et de la protection de l’enfance estiment que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre l’objectif de « zéro grossesse en milieu scolaire ».
Présentées lors d’une réunion de restitution du rapport de l’Observatoire sur les grossesses en milieu scolaire, ces données ont suscité de vifs échanges entre autorités académiques, chefs d’établissements, élèves déléguées et partenaires institutionnels. La rencontre, présidée par le secrétaire général de l’inspection d’académie de Kaffrine, Ibrahima Sarr, a permis de mettre le curseur sur les défis persistants, mais aussi les solutions envisageables.
Selon Wandyfa Mane, coordonnateur et point focal du Groupe pour l’étude et l’enseignement de la population (GEEP), la prévention des grossesses précoces passe avant tout par une approche multisectorielle. Celle-ci doit impliquer l’école, la famille, la communauté, les services de santé et les acteurs de la justice sociale. Il a notamment rappelé que certains cas recensés concernent des élèves déjà mariées, une réalité qui appelle à une réponse adaptée et concertée.
Parmi les leviers prioritaires figure l’introduction d’une éducation à la vie familiale et à la sexualité, adaptée à l’âge et au niveau de compréhension des élèves. Cette instruction vise à fournir des informations fiables sur le corps, la santé reproductive, les responsabilités et les conséquences des grossesses précoces. À cela s’ajoutent des actions régulières de sensibilisation des parents, afin de renforcer le dialogue au sein des familles et de prévenir les situations à risque.
La promotion de l’égalité de genre constitue également un axe central. Encourager la scolarisation des filles, lutter contre les mariages précoces et renforcer leur confiance en elles sont autant de mesures susceptibles de réduire leur vulnérabilité. Dans ce cadre, le rôle des enseignants, des encadreurs scolaires et des organisations partenaires, telles que l’Action Éducative en Milieu Ouvert (AEMO), est jugé déterminant.
Enfin, les acteurs présents ont insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de protection et de réintégration scolaire pour les filles enceintes, afin de garantir leur droit à l’éducation et d’éviter les abandons définitifs.
