L’Alliance And Gueusseum entame, à partir de ce jeudi 9 juillet à 00 heure, une grève nationale de 48 heures dans le secteur de la santé. Réuni en assemblée générale à Mbao, le président de l’organisation, Dr Hc Mballo Dia Thiam, a réaffirmé la détermination de son mouvement à poursuivre la lutte jusqu’à la satisfaction d’une plateforme revendicative qu’il qualifie de « minimale ».
Selon lui, cette grève vise avant tout le paiement de « l’indemnité de logement aux contractuels du ministère de la Santé, aux agents des établissements publics de santé ainsi qu’au personnel des collectivités territoriales exerçant dans le secteur sanitaire ». Le syndicat réclame également l’accélération des plans de carrière de plusieurs corps professionnels, notamment les assistants infirmiers, aides sociaux, techniciens de laboratoire, prothésistes et autres personnels paramédicaux.
« Un déficit de 18.000 agents » qui menace la qualité des soins
Au-delà des revendications salariales, Mballo Dia Thiam a dressé un tableau préoccupant des ressources humaines dans le système sanitaire sénégalais. « On ne peut pas s’attendre à grand-chose », a-t-il averti, estimant que le déficit de 18.000 agents de santé compromet durablement l’accès des populations à des soins de qualité.
À ses yeux, les 2.500 recrutements annoncés restent largement insuffisants face aux besoins, alors que près de 4.000 contractuels cumulent parfois plus de dix années de précarité. Le responsable syndical plaide pour un recrutement massif, à raison de 5.000 agents par an, directement piloté par le ministère de la Santé.

Il dénonce également une situation financière qui fragilise les hôpitaux. « La masse salariale dépasse parfois 100 %, alors qu’elle ne devrait pas excéder 35 % », a-t-il soutenu, estimant que cette situation dégrade l’offre de soins. « On a une qualité le matin, zéro qualité le soir. Il n’y a jamais eu une permanence de qualité des soins », a-t-il regretté.
Une convergence avec la grève générale du 10 juillet
Pour And Gueusseum, le mouvement des 9 et 10 juillet s’inscrit désormais dans une dynamique plus large. Mballo Dia Thiam évoque une « jonction de faits » avec les organisations regroupées au sein du Front syndical pour la défense du travail (FSDT), initiateur de la grève générale prévue vendredi.
Très critique à l’égard du pacte de stabilité sociale signé entre le gouvernement et plusieurs centrales syndicales, il estime que les événements lui donnent raison. « Nous avions qualifié ce pacte de pacte d’instabilité sociale. Aujourd’hui, l’instabilité est bien là », a-t-il déclaré.
Le dirigeant syndical assure que son organisation poursuivra son plan d’action tant que les engagements de l’État ne seront pas respectés. « Nous en sommes à notre onzième plan d’action et nous allons continuer aussi longtemps que le passif social ne sera pas apuré », a-t-il prévenu, rappelant que, selon lui, « tout ce que nous avons obtenu, c’est dans la rue ».
Moussa FALL
