La remontée de la nappe phréatique paralyse plusieurs services de l’établissement sanitaire, tandis que les coûts d’évacuation des eaux usées étranglent son budget. Le SUTSAS réclame sa délocalisation.
À Richard Toll, l’eau remonte du sol jusque dans les bureaux et les salles de l’hôpital. Érigé dans une zone marécageuse, en bordure du fleuve Sénégal, l’établissement subit de plein fouet les remontées de la nappe phréatique, avec des conséquences préoccupantes sur la continuité des soins.
« Tu as beau vider et pomper le soir, le lendemain matin, tu reviens trouver que c’est de nouveau complètement rempli », témoigne jeudi Mme Marie Guèye, secrétaire générale du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS) de l’hôpital de Richard Toll.
La situation s’est aggravée au point de contraindre les responsables à interrompre les activités de plusieurs services. Selon la syndicaliste, le laboratoire est à l’arrêt depuis trois jours, tandis que les bureaux du directeur, du service administratif et financier, du contrôle de gestion et du secrétariat sont également touchés.
« L’eau jaillit du sol », alerte-t-elle, évoquant aussi les risques électriques qui ont finalement imposé l’arrêt de plusieurs activités. Seules la maternité, la chirurgie et la médecine parviennent encore à fonctionner.
Fosses septiques, maternité débordée : un hôpital à bout de souffle
Au-delà des inondations, la remontée de la nappe phréatique entraîne le remplissage des fosses septiques environ tous les quinze jours. Leur vidange nécessite des camions hydrocureurs, occasionnant des dépenses récurrentes jugées insupportables pour l’établissement.
À ces contraintes s’ajoute le manque d’espace. Avec près de 400 accouchements par mois, la maternité peine à accueillir les patientes. « Nous achetons des nattes que nous étalons au sol, nous y posons des matelas et c’est là que nous installons les femmes qui viennent d’accoucher », déplore Mme Guèye.
Pour la responsable syndicale, l’établissement a atteint ses limites. Elle plaide pour sa délocalisation, à l’image du Centre de santé Philippe Maguilène Senghor, à Dakar.
Une perspective de construction d’un nouvel hôpital est évoquée. Selon Mme Guèye, le directeur des Établissements de santé, en visite sur place, a indiqué que le directeur de l’hôpital devait rencontrer le maire pour identifier un terrain. Une enveloppe de 7 milliards de francs CFA aurait été débloquée pour le projet.
En attendant sa concrétisation, personnels et patients continuent de subir les conséquences d’un site inadapté. Chose qui fait dire à Mme Guèye que l’urgence n’est plus seulement de pomper les eaux, mais de trouver un terrain durable pour soigner sans que l’eau ne dicte sa loi dans cet hôpital.
Bilkissa CONDÉ
