Les hépatites virales continuent de représenter un lourd défi de santé publique au Sénégal, où près d’une personne sur dix serait porteuse chronique du virus de l’hépatite B, le plus souvent sans le savoir. À l’occasion de la Journée mondiale contre les hépatites, mardi 28 juillet, les autorités ont réaffirmé leur ambition d’éliminer ces maladies d’ici 2030, tout en reconnaissant les nombreux obstacles qui freinent encore la prise en charge.
Présidant la cérémonie, la Première Dame, Mme Absa Faye, a appelé à une mobilisation nationale pour garantir un accès équitable au dépistage, à la vaccination et aux traitements. Elle a insisté sur l’importance du dépistage des femmes enceintes, de la vaccination des nouveau-nés dès les premières heures de vie et de la lutte contre la stigmatisation, qui dissuade encore de nombreuses personnes de consulter.
Au nom du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Abdoulaye Ndiaye a rappelé que l’élimination des hépatites virales constitue une priorité inscrite dans le Plan stratégique national 2026-2030. Le Sénégal mise notamment sur le renforcement du dépistage, la prévention de la transmission mère-enfant, l’amélioration de l’accès aux antiviraux et le développement de la surveillance épidémiologique.
Malgré ces avancées, les associations de patients alertent sur les difficultés persistantes. La présidente de SAAFARA Hépatites Sénégal, Fatou Nguirane, a dénoncé le coût élevé des soins, le manque d’équipements spécialisés comme le FibroScan dans plusieurs régions, l’accès limité aux examens de charge virale et aux traitements, ainsi que la persistance de la stigmatisation.
Pour les acteurs de la riposte, l’objectif d’élimination des hépatites virales à l’horizon 2030 ne pourra être atteint qu’au prix d’une mobilisation de l’État, des professionnels de santé, des partenaires et des organisations de patients.
Tafsir KANE
