Les pêcheurs artisanaux de la Grande Côte sont en colère. Réunis ce matin à Fass Boye, ceux venus de Cayar, Mboro, Lompoul, Potou et Fass Boye Diogo ont élevé la voix pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’abus répétés des bateaux de pêche industriels opérant dans leurs zones traditionnelles de pêche.
Selon ces professionnels de la mer, les navires industriels violent régulièrement la réglementation en s’approchant illégalement des côtes, bien au-delà de la limite autorisée des 6 000 nautiques. Ces incursions causent d’importants dégâts matériels : pirogues endommagées, filets déchirés et engins de pêche détruits, compromettant ainsi la survie économique de milliers de familles.
S’exprimant au nom des pêcheurs, Mamou Ba, secrétaire général de l’Union Nationale des Pêcheurs Artisanaux du Sénégal (UNAPAS) de Fass Boye, déplore une situation devenue insoutenable. « De Cayar à Potou, en passant par Mboro, Lompoul et Fass Boye, les pêcheurs subissent quotidiennement les dégâts causés par les bateaux industriels qui imposent leur loi en mer », a-t-il déclaré.
D’après le correspondant de RFM à Thiès, le secteur de la pêche artisanale traverse une crise profonde dans ces localités. Les pertes accumulées au fil des mois fragilisent davantage une activité déjà confrontée à la raréfaction des ressources halieutiques.
Au-delà des bateaux industriels, la colère des pêcheurs vise également les nouvelles autorités. L’UNAPAS leur reproche de ne pas avoir respecté leurs engagements électoraux, notamment la promesse de repousser les navires industriels à 12 000 nautiques lors des campagnes de 2024.
L’organisation rappelle aux autorités leur devoir de protection des populations sénégalaises et de leurs biens, et insiste sur l’urgence de préserver les métiers de la pêche artisanale, pilier de l’économie locale et nationale.
Les pêcheurs interpellent directement le ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Mme Fatou Diouf, l’appelant à inscrire en priorité dans son agenda la sécurisation des zones de pêche artisanale et l’application stricte de la réglementation maritime.
En attendant des actes concrets, les pêcheurs de la Grande Côte disent rester mobilisés, déterminés à défendre leur outil de travail et leur survie face à une mer devenue, selon eux, de plus en plus hostile.
