Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a appelé, lundi à Dakar, à un sursaut stratégique africain face à la montée des menaces sécuritaires, en mettant en avant six leviers majeurs pour garantir durablement la paix et la stabilité sur le continent.
Ouvrant la 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, en présence de ses homologues de la Sierra Leone Julius Maada Bio, Président en exercice de la CEDEAO et de la Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, invités d’honneur, le chef de l’État sénégalais a insisté sur la nécessité pour l’Afrique d’assumer pleinement sa souveraineté sécuritaire dans un contexte mondial marqué par l’instabilité, le terrorisme et les fractures géopolitiques.
Face à ces défis, il a d’abord insisté sur la nécessité de consolider les mécanismes africains de prévention, d’alerte précoce et de rétablissement de la paix. Il a, dans le même temps, plaidé pour l’opérationnalisation effective des forces en attente aux niveaux régional et continental, avec des mandats clairs et des financements plus stables, en complémentarité avec les missions onusiennes.
Troisième levier évoqué, le Président sénégalais a prôné le renforcement de la coopération et de la solidarité régionales pour contenir l’expansion du terrorisme, notamment vers les États côtiers, ainsi que la mise en place d’une industrie de défense à l’échelle continentale afin d’améliorer l’approvisionnement en équipements militaires.
Diomaye Faye a également mis en avant l’impératif d’investir dans la jeunesse, à travers l’éducation, la formation et le numérique, afin de favoriser l’emploi et de prévenir l’endoctrinement et la radicalisation.
Il a, en outre, appelé à une meilleure gouvernance des ressources énergétiques et minières, en privilégiant leur transformation locale pour soutenir l’industrialisation et la souveraineté économique du continent.
Enfin, le chef de l’État a insisté sur l’accélération de l’intégration africaine, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine et les mécanismes de coopération prévus dans l’agenda 2063, qu’il considère comme des leviers structurants de résilience et de développement.
« L’Afrique n’est pas sans réponse », a-t-il affirmé, invitant les États à passer « de la réflexion à l’action » pour faire de cette édition du Forum celle de la maturité et de solutions concrètes.
