À l’occasion de la Journée mondiale du don de sang célébrée dimanche à Dakar, les autorités sanitaires ont réaffirmé leur volonté de renforcer la sécurité transfusionnelle et d’accélérer la marche vers l’autosuffisance en produits sanguins.
Malgré les progrès enregistrés, le Sénégal reste confronté à un déficit important de collecte, alors que les besoins nationaux continuent de croître. « La sécurité transfusionnelle constitue une priorité de santé publique pour le Sénégal », a déclaré le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, lors de la cérémonie officielle placée sous le thème : « Une goutte d’humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies ».
Selon lui, les investissements consentis par l’État visent à garantir à chaque citoyen un accès équitable à un sang sûr, quel que soit son lieu de résidence. Le ministre a rappelé que le pays dispose déjà d’un dispositif permettant d’assurer la collecte, la conservation et la distribution des produits sanguins dans le respect des normes de sécurité.
Pour atteindre l’autosuffisance, il a plaidé pour le déploiement d’unités mobiles capables d’aller à la rencontre des donneurs potentiels dans les zones les plus éloignées.
Les défis demeurent toutefois importants.
Le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Aloyse Waly Diouf, a indiqué que le Sénégal a enregistré 136 347 dons de sang en 2024, alors que les besoins annuels sont estimés à 180 000 poches. Un écart qui peut avoir des conséquences dramatiques pour les patients nécessitant une transfusion urgente.
« Lorsqu’une poche de sang manque, c’est une césarienne urgente qui est compromise, un accidenté qui attend trop longtemps ou un enfant privé de traitement », a-t-il averti.
Une poche de sang coûte 45 000 FCFA à produire

Si les produits sanguins sont délivrés gratuitement dans les structures sanitaires publiques, leur préparation représente un coût important pour le système de santé.
Le directeur du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), le Dr Daouda Seck, a révélé que le coût moyen de production d’une poche de sang atteint 45 000 francs CFA. Cette somme couvre notamment les analyses biologiques, les réactifs, les équipements, les poches de prélèvement et l’ensemble des consommables nécessaires à la sécurisation du sang collecté.
« Le sang n’a pas de coût. Les poches sont données gratuitement aux structures publiques », a-t-il précisé, soulignant que l’État subventionne largement les activités du CNTS afin de garantir l’accès gratuit aux produits sanguins.
Le responsable a également insisté sur la rigueur des contrôles effectués avant toute distribution afin d’écarter les risques liés aux agents pathogènes. Pour les établissements privés, un prix de cession, inférieur au coût réel de production, est appliqué afin de couvrir une partie des charges logistiques.
Le Dr Seck a réaffirmé l’objectif d’atteindre l’autosuffisance nationale grâce à la fidélisation des donneurs réguliers et à la modernisation du système transfusionnel.
Absa Faye appelle la jeunesse à s’engager

Marraine de l’édition 2026, la Première Dame, Absa Faye, a rendu hommage aux donneurs bénévoles qu’elle a qualifiés de « héros du quotidien ».
Dans un message lu par sa représentante, elle a souligné que le don de sang figure parmi les gestes les plus précieux qu’un citoyen puisse accomplir. « Derrière chaque don se cache souvent l’espoir d’une mère confrontée à une hémorragie, d’un enfant en attente d’une transfusion ou d’un patient dont la survie dépend de la disponibilité de produits sanguins », a-t-elle affirmé.
Insistant sur la dimension solidaire de cet acte, elle a rappelé que la santé ne relève pas uniquement de la médecine, mais également de l’engagement citoyen. Elle a particulièrement exhorté les jeunes à s’impliquer davantage dans le don volontaire et régulier.
Les associations de donneurs ont, pour leur part, salué les efforts des pouvoirs publics tout en appelant à accélérer la construction de centres régionaux de transfusion, de postes départementaux et de dépôts de sang afin d’améliorer l’accès aux produits sanguins sur l’ensemble du territoire national.
