À Kédougou, le centre hospitalier régional Amath Dansokho traverse actuellement une situation critique marquée par une pénurie d’eau persistante, à l’origine d’une grève du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES). Une crise qui perturbe lourdement le fonctionnement des services et met en péril la sécurité des patients.
Selon le correspondant de la RFM, Ibrahima Diabakhaté, les médecins de l’hôpital ont décidé de réduire drastiquement leurs activités de soins en raison des difficultés d’approvisionnement en eau. Dans un communiqué adressé à la direction, le SAMES annonce la suspension des consultations, des programmes de soins planifiés ainsi que des soins obstétricaux, faute de garanties d’un accès permanent à l’eau potable. Seules les urgences sont prises en charge, et uniquement durant les périodes où l’eau est effectivement disponible.
Pour les syndicalistes, cette décision difficile vise avant tout à protéger les patients et le personnel de santé, l’eau étant indispensable à toute activité médicale. Ils dénoncent des conditions de travail jugées indignes dans une structure hospitalière censée assurer des soins sécurisés.
Le directeur reconnaît un déficit structurel en eau
Interpellé sur la situation, le directeur de l’hôpital régional de Kédougou, Youssouf Mbargane Guèye, confirme la réalité du problème. Il explique que l’établissement est alimenté par deux forages devenus insuffisants face à l’augmentation progressive des activités médicales, du personnel et de la fréquentation des usagers. À cela s’ajoute une nappe phréatique devenue plus profonde, limitant le rendement des installations existantes.
Des démarches ont été entreprises depuis le mois de décembre auprès de la Sen’Eau, en collaboration avec les autorités administratives. En attendant une solution durable, deux camions-citernes approvisionnent ponctuellement l’hôpital. Toutefois, la situation demeure inchangée, d’autant plus que l’établissement n’est pas encore raccordé au réseau de la Sen’Eau situé à environ quatre kilomètres.
