Le Sénégal renforce sa stratégie pour éliminer la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B d’ici 2030. Lors de la revue annuelle nationale des performances tenue à Dakar, les autorités sanitaires ont évalué les progrès réalisés dans le cadre de la « triple élimination ». Devant des spécialistes venus des quatorze régions médicales, les résultats ont montré des avancées importantes, notamment en matière de traitement, mais aussi des défis persistants liés au dépistage précoce.
Selon Magatte Ndoye Ndiaye, chef de la division de lutte contre le sida et les IST au ministère de la Santé, l’objectif du Sénégal est d’atteindre « zéro infection » chez les enfants nés de mères séropositives. Le pays se rapproche progressivement des cibles internationales « 95-95-95 ». Actuellement, 94 % des personnes diagnostiquées sont sous traitement antirétroviral et 92 % d’entre elles ont une charge virale indétectable. Toutefois, le premier objectif, le dépistage, reste en retrait avec 85 %.
Les autorités signalent également des disparités dans certaines populations. Les hommes et les enfants restent moins dépistés, avec un taux d’environ 70 % chez les enfants, ce qui constitue un obstacle majeur pour atteindre la cible de 95 %. L’amélioration du dépistage dans ces groupes est donc considérée comme une priorité.
La prévention de la transmission mère-enfant demeure au cœur du programme. Le principal défi reste l’accès des femmes aux consultations prénatales, indispensables pour dépister et traiter les infections à temps. Pour y remédier, le Sénégal a généralisé les tests dans les maternités, renforcé la formation des sages-femmes et étendu le dépistage à tous les niveaux du système de santé. L’objectif est de transformer chaque contact avec les structures sanitaires en opportunité de diagnostic afin de garantir une génération sans VIH à l’horizon 2030.
