Le marché central de Tambacounda a une nouvelle fois été le théâtre d’un incendie dévastateur dans la nuit de dimanche à lundi. Ce sinistre, dont l’ampleur des dégâts reste à évaluer avec précision, relance le débat sur la sécurité de l’un des principaux pôles commerciaux de la région.
Pour les commerçants, c’est un scénario devenu malheureusement familier. À peine remises des précédents incendies, plusieurs familles se retrouvent encore confrontées à la perte de leurs marchandises, de leurs investissements et parfois de l’unique source de revenus qui leur permet de subvenir à leurs besoins.
Au-delà de l’émotion et de la solidarité qui suivent chaque catastrophe, une question revient avec insistance : que faut-il faire pour mettre définitivement un terme à ces incendies récurrents ?
Les spécialistes pointent généralement du doigt plusieurs facteurs : des installations électriques vétustes ou anarchiques, des branchements clandestins, l’absence de dispositifs de sécurité adaptés, l’encombrement des allées et le manque de moyens de première intervention en cas de départ de feu.
Face à cette situation, les solutions existent pourtant. Elles passent d’abord par un audit complet des installations électriques du marché, suivi d’une remise aux normes rigoureuse. L’installation de bornes incendie, de réservoirs d’eau et d’extincteurs accessibles à tous les commerçants apparaît également comme une nécessité.
Par ailleurs, le réaménagement du marché devrait permettre de dégager des voies d’accès pour les sapeurs-pompiers et de limiter les risques de propagation rapide des flammes. Une surveillance permanente, associée à un système d’alerte précoce, pourrait également contribuer à détecter rapidement les départs de feu.
Mais la solution la plus durable réside sans doute dans une modernisation en profondeur du marché central. Les incendies à répétition démontrent que les mesures ponctuelles ne suffisent plus. Il devient urgent d’engager une réflexion globale impliquant les autorités administratives, les collectivités territoriales, les commerçants et les services de secours.
Chaque nouvel incendie représente non seulement une perte économique importante pour la ville de Tambacounda, mais aussi un coup dur porté à des centaines de familles. Plus que jamais, l’heure semble venue de passer de la gestion des conséquences à la prévention des causes. Car au rythme où se succèdent les sinistres, la véritable urgence n’est plus de reconstruire après chaque incendie, mais d’empêcher le prochain.
Adama KONE
