De la couverture sanitaire universelle à la lutte contre les cancers et les violences, un plaidoyer fort pour les droits et la dignité des femmes a été fait, à l’ouverture jeudi à Dakar, du Congrès de l’association des femmes médecins du Sénégal.
Dakar a accueilli, jeudi, le premier Congrès international sur la santé de la femme africaine, une rencontre portée par l’Association des femmes médecins du Sénégal (AFMS) et marquée par des appels convergents en faveur d’un renforcement des politiques publiques dédiées à la santé des femmes.
Placée sous le thème « La santé de la femme africaine entre droits, défis et société », cette rencontre a réuni autorités publiques, professionnels de santé, universitaires et partenaires autour des enjeux majeurs qui conditionnent le bien-être des femmes sur le continent.
Ouvrant les travaux, la présidente de l’AFMS, la professeure Fatou Samba, a salué une étape « historique » pour l’association et pour la médecine africaine. Rendant hommage aux pionnières qui ont contribué à faire reconnaître la place des femmes dans la profession médicale, elle a souligné que la santé de la femme ne constitue pas seulement une question médicale, mais un véritable enjeu de développement national.
Selon elle, les travaux du congrès s’articulent autour de trois urgences majeures : la couverture sanitaire universelle (CSU), le bien-être global et la santé mentale des femmes, ainsi que la prévention des maladies non transmissibles, notamment les cancers féminins. « Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie ou faute de moyens pour accéder aux soins », a-t-elle plaidé, appelant à accélérer la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), principal moyen de prévention du cancer du col de l’utérus.
Représentant le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, la conseillère technique Aïssatou Kanouté a rappelé que l’investissement dans la santé des femmes constitue un levier essentiel du développement social et économique.
Elle a mis en avant les progrès enregistrés au Sénégal, notamment l’accès aux consultations prénatales, l’assistance qualifiée à l’accouchement et la réduction de la mortalité maternelle. Elle a également souligné les efforts consentis dans le recrutement du personnel de santé, la lutte contre les cancers féminins et l’extension de la couverture sanitaire universelle.
« La santé de la femme africaine ne doit plus être perçue sous le prisme de la vulnérabilité, mais comme un droit humain inébranlable et non négociable »

Toutefois, Mme Kanouté a reconnu la persistance de nombreux défis liés aux inégalités d’accès aux soins, à la répartition du personnel qualifié, à la montée des maladies non transmissibles et aux problèmes de santé mentale. Elle a assuré que les réformes en cours accordent une place centrale à l’équité de genre, à la décentralisation et à la digitalisation du système de santé.
Présidant la cérémonie d’ouverture, la Première dame, Mme Absa Faye, a rendu hommage aux générations de femmes médecins qui ont contribué à transformer le paysage sanitaire national. Elle a estimé que le défi actuel consiste désormais à faire respecter pleinement les droits et la dignité des femmes dans leur accès aux soins. « La santé de la femme africaine ne doit plus être perçue sous le prisme de la vulnérabilité, mais comme un droit humain inébranlable et non négociable », a-t-elle déclaré.
Insistant sur la nécessité d’une approche globale du bien-être, elle a appelé à briser les tabous entourant la santé mentale et à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes. La Première dame a également plaidé pour une intensification des efforts de prévention contre les cancers féminins, en particulier à travers la vaccination contre le HPV.
Réaffirmant son engagement à suivre les conclusions des travaux, elle a promis de porter les recommandations du congrès auprès des plus hautes autorités du pays.
Pendant deux jours, les participants examineront ainsi les pistes d’action susceptibles de renforcer l’accès équitable aux soins, la protection sociale, la prévention et la prise en charge des maladies qui affectent les femmes africaines, avec l’ambition de faire émerger des recommandations concrètes au service de politiques publiques plus inclusives et plus efficaces.
