Et si le changement climatique menaçait aussi la capacité de l’homme à procréer ? Au-delà des sécheresses, des inondations et de la disparition de la biodiversité, la hausse des températures pourrait également avoir des répercussions sur la fertilité masculine. C’est l’alerte choc lancée mardi à Dakar par la présidente de l’Association nationale des sages-femmes d’État du Sénégal (ANSFES), Bigué Ba Mbodj.
Intervenant lors d’un atelier de renforcement des capacités des journalistes sur la santé de la reproduction et la planification familiale, organisé par l’Association des Journalistes en Santé, Population et Développement (AJSPD) avec l’appui de MSI Choice Sénégal, Mme Mbodj a appelé à changer le regard porté sur l’infertilité dans une société fortement pronataliste.
Selon elle, la chaleur excessive constitue un facteur défavorable à la qualité des spermatozoïdes, rappelant que les testicules sont situés à l’extérieur du corps afin de maintenir une température propice à leur production. Elle a ainsi invité les hommes à privilégier des sous-vêtements amples pour limiter l’exposition des boules à la chaleur.
La sage-femme a également rappelé que les difficultés à concevoir ne relèvent pas uniquement de la femme. D’après les données qu’elle a présentées, environ 30 % des causes d’infertilité sont masculines, 30 % féminines, 30 % concernent les deux membres du couple et 10 % demeurent inexpliquées.
Pour Mme Bigué Ba Mbodj, ces chiffres imposent une approche holistique de la planification familiale. « La femme ne doit plus porter seule le poids de l’infertilité ni subir les violences ou la stigmatisation qui en découlent », a-t-elle insisté, plaidant pour une prise en charge systématique du couple homme-femme.
Son intervention élargit ainsi le débat sur les conséquences du changement climatique, en invitant à considérer également ses possibles effets sur la santé reproductive et en rappelant que la lutte contre l’infertilité est l’affaire de tous, et non des seules femmes.
Moussa FALL
