Le retour progressif des populations déplacées par le conflit en Casamance doit s’accompagner d’une meilleure anticipation des difficultés susceptibles de surgir dans les villages d’origine. Telle est la principale conclusion d’une étude du Centre de recherche interdisciplinaire sur les langues, les littératures, l’histoire, les arts et les cultures (CRELIHAC), avec le soutien de la Fondation Konrad-Adenauer.
Présentée mardi lors d’un forum à Ziguinchor, l’étude s’est intéressée à la problématique du « post-conflit et du retour des déplacés : le rôle de l’État ». Pour l’un de ses auteurs, l’enseignant-chercheur Paul Diédhiou, la situation actuelle, marquée par une accalmie durable, impose de préparer davantage l’après-conflit. « Aujourd’hui, on est dans une situation de ni paix ni guerre. Avec le retour des déplacés et des réfugiés, il faudrait peut-être anticiper d’éventuels problèmes », a-t-il expliqué.
L’étude, menée auprès de populations déplacées et de personnes déjà retournées dans leurs villages d’origine, a permis d’identifier plusieurs difficultés. Parmi celles-ci figurent l’accompagnement de l’État, la discontinuité des financements et les problèmes liés à l’état civil.
L’état civil, un défi majeur
Le déplacement des populations a notamment privé de nombreux enfants de documents d’état civil. Certains sont nés hors du Sénégal, notamment en Guinée-Bissau, sans disposer d’un extrait de naissance. « L’État avait initié les audiences foraines, qui n’ont pas connu de réussite lors de la première édition », a rappelé M. Diédhiou.
Dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance, une seconde vague d’audiences foraines a été engagée. Selon le chercheur, cette initiative « semble être plus concluante que la première ».
Le conflit casamançais, l’un des plus anciens conflits armés du continent africain, a profondément affecté les populations et l’économie de la région depuis son déclenchement en décembre 1982.
Après plusieurs décennies de violences, l’intensité du conflit a fortement diminué ces dernières années. En 2020, l’armée sénégalaise avait notamment mené d’importantes opérations pour « neutraliser » des bases rebelles et favoriser le retour des populations déplacées.
