Le 5ᵉ congrès national et 4ᵉ congrès international de la Société sénégalaise de colposcopie et de pathologie liée au papillomavirus humain (SSCP-HPV), tenu du 30 septembre au 3 octobre à Dakar, aura été, au-delà des échanges scientifiques, un moment de réflexion sur les moyens d’accélérer la lutte contre les cancers féminins au Sénégal.
Présent à la cérémonie de clôture pour représenter l’ancien gouverneur de Dakar, Al Hassane Sall, distingué parmi les acteurs clés de cette lutte, le criminologue Dr Djiby Diallo a salué une rencontre permettant aux professionnels de « mettre à jour » leurs connaissances, d’évaluer les actions menées et de redynamiser les stratégies de prévention et de prise en charge.
« Penser aujourd’hui à la santé des populations, c’est poser des actes et des mécanismes qui peuvent nous permettre d’insister dans la prévention », a-t-il déclaré devant la presse, estimant que la santé constitue « un des piliers du développement et de l’émergence ».
Dakar, un défi relevé
Revenant sur la distinction attribuée à Al Hassane Sall, Dr Diallo a rappelé le rôle joué par celui-ci, aux côtés de « maman Madjiguène Ndiaye », dans les efforts engagés à Dakar contre le cancer du col.
Selon lui, la capitale figurait auparavant parmi les territoires les moins avancés dans ce domaine. « Avec sa détermination à toute épreuve, son engagement auprès des partenaires et du personnel de santé, il a pu relever le défi », a souligné l’ancien sous-préfet de Dakar-Plateau, se réjouissant que « la barre soit encore restée maintenue à Dakar ».
Pour le représentant du récipiendaire, cette expérience doit surtout nourrir les perspectives et encourager la poursuite des efforts, dans un contexte où les besoins restent importants.
Les collectivités mises à contribution
Dr Djiby Diallo estime que l’accompagnement de la lutte contre le cancer doit s’articuler autour de trois leviers : prévention et information, politique de prise en charge et mobilisation des partenaires.
Il plaide particulièrement pour une implication accrue des collectivités territoriales. « Il faut que dans leur budget, dans les débats d’orientation budgétaire, les questions de santé soient une question prioritaire », a-t-il insisté, appelant à intégrer davantage le cancer dans les actions de communication, de sensibilisation et de prise en charge.
Le troisième levier, selon lui, réside dans la décentralisation et la mobilisation des partenaires techniques et financiers. Ceux-ci doivent, estime-t-il, davantage s’appuyer sur les réalités et les rapports remontant des territoires afin de construire des réponses concertées.
« Le cancer constitue un fléau qui est difficile à gérer, parce qu’il nécessite beaucoup de moyens et met à mal le panier de la ménagère », a-t-il relevé, appelant à une dynamique collective pour alléger le poids de la maladie sur les populations.
