Biosécurité, biosûreté, bioterrorisme… Ces concepts sont souvent utilisés de manière interchangeable alors qu’ils renvoient à des réalités bien distinctes. Lors de l’atelier de renforcement des capacités des journalistes organisé en juin dernier à Saly, les responsables de l’Autorité nationale de biosécurité (ANB) ont insisté sur la nécessité de mieux comprendre ces notions afin d’améliorer l’information du public.
COMPRENDRE LA BIOSÉCURITÉ [7/8]
La biosécurité ne se limite pas aux organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle englobe l’ensemble des mesures destinées à prévenir les risques liés à l’utilisation des biotechnologies modernes et à protéger la santé humaine, animale, végétale ainsi que la biodiversité. « La biosécurité est beaucoup plus large que la seule question des OGM », rappelle le Colonel Lamine Kane, secrétaire permanent de l’Autorité nationale de biosécurité (ANB).
Selon lui, cette notion est souvent confondue avec la biosûreté, alors que les deux concepts poursuivent des objectifs différents. « La biosécurité concerne la prévention et la gestion des risques résultant de dommages non intentionnels. À l’inverse, la biosûreté vise les dommages intentionnels, c’est-à-dire les actes commis dans le but de nuire », explique-t-il.
Le Colonel Kane cite notamment le bioterrorisme parmi les préoccupations relevant de la biosûreté. « Dans la biosûreté, il existe une notion de menace et d’intention. On cherche à empêcher qu’un agent biologique soit utilisé volontairement pour faire du mal », précise-t-il.
Sensibiliser davantage le public

Egalement point-focal du Protocole de Cartagena au Sénégal, le Colonel Kane rappelle que l’information constitue un pilier essentiel de la biosécurité. Cette mission est d’ailleurs prévue par les textes internationaux, notamment le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques. « Les protocoles internationaux demandent aux États de sensibiliser les populations et d’encourager leur participation aux processus de décision », rappelle le colonel Lamine Kane.
Au Sénégal, dit-il, cette mission se traduit par des formations, des ateliers avec les journalistes, des émissions de radio et de télévision ainsi que par la mise à disposition d’informations sur les plateformes spécialisées.
Le spécialiste reconnaît toutefois que les moyens restent limités. « Nous avons élaboré une stratégie nationale de communication, accompagnée d’un plan de mobilisation des ressources. Mais comme beaucoup de structures publiques, nous devons composer avec des ressources financières limitées », explique-t-il.
Rendre la science accessible
Le secrétaire permanent de l’ANB estime que la communication scientifique doit être adaptée au grand public. « Il ne suffit pas d’utiliser des termes techniques. Il faut expliquer les concepts avec des mots simples pour que chacun puisse comprendre les enjeux », souligne le Colonel Kane. Dans ce cadre, ajoute-t-il, l’Autorité nationale de Biosécurité souhaite renforcer son partenariat avec les médias afin de diffuser une information plus régulière sur la biosécurité. « Les journalistes sont des partenaires essentiels. Ils permettent de traduire des sujets scientifiques parfois complexes en informations compréhensibles par les citoyens », estime-t-il.
Le responsable insiste enfin sur la nécessité de maintenir un dialogue permanent avec les différents acteurs concernés. « La biosécurité ne peut pas être l’affaire des seuls scientifiques. Elle nécessite la participation des chercheurs, des autorités publiques, des producteurs, des journalistes et des consommateurs », soutient-il, estimant que mieux faire connaître la différence entre biosécurité et biosûreté constitue une étape importante pour renforcer la culture scientifique du public et favoriser un débat apaisé sur les biotechnologies modernes.
