Le Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la protection de son patrimoine naturel avec le lancement officiel du processus de création d’un fonds fiduciaire destiné à assurer un financement durable de la conservation de la biodiversité. Annoncée mardi à Dakar par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, cette initiative vise à doter le pays d’un mécanisme capable de mobiliser des ressources pérennes, prévisibles et diversifiées pour soutenir les aires protégées et les communautés qui en dépendent.
Selon le secrétaire général du ministère, Fodé Fall, ce fonds répond à l’insuffisance des financements actuels face aux besoins croissants de conservation. Malgré les efforts de l’État et de ses partenaires, les ressources disponibles restent largement en deçà des exigences de gestion des espaces protégés.
Le directeur des Aires marines protégées, le colonel Momar Sow, a souligné que les financements par projets sont limités dans le temps, alors que la préservation de la biodiversité exige des investissements de long terme. L’objectif est de rendre ce fonds opérationnel d’ici septembre 2027. Il a rappelé que les seuls besoins de financement des aires marines protégées sont estimés à près de 10 milliards de FCFA pour la période 2026-2030, sans compter les autres espaces de conservation.
Le projet bénéficie de l’appui de Wetlands International Afrique de l’Ouest et du Centre et de l’Agence française de développement (AFD). Une première étude de faisabilité, financée grâce à une subvention de 100 000 euros de la Fondation Hans Wilsdorf, permettra d’évaluer les besoins, les mécanismes de capitalisation et le modèle de gouvernance le plus adapté au contexte sénégalais.
La Banque mondiale a salué cette initiative, estimant que les fonds fiduciaires constituent des outils efficaces pour assurer la continuité des financements et renforcer la confiance des partenaires. Elle s’est dite prête à accompagner le processus, notamment à travers son Projet de gestion durable des ressources naturelles, financé à hauteur de 100 millions de dollars.
Les participants ont insisté sur l’importance d’une gouvernance transparente, inclusive et adaptée aux réalités nationales afin de garantir le succès de ce futur mécanisme financier au service de la biodiversité.
Moussa FALL
