Au terme d’une semaine de visites de terrain à Némabah (Toubacouta), Fimela, Notto-Diobass dans la région de Thiès, à Gapakh région de Kaolack, et Ida Mouride dans le département de Koungheul, du 13 au 18 juillet, la Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et Représentante de la FAO au Sénégal, Bintia Stephen Tchicaya, dresse un bilan largement positif des actions menées en faveur des femmes rurales. À travers ces différentes étapes, elle dit avoir constaté des changements concrets dans les conditions de production, la transformation agricole et l’autonomisation économique des bénéficiaires.
Selon elle, les investissements réalisés avec l’appui de plusieurs partenaires, notamment l’Union européenne, le Québec, l’Irlande et l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, portent aujourd’hui leurs fruits. Les femmes rencontrées, explique-t-elle, appliquent désormais les bonnes pratiques agricoles transmises par la FAO et deviennent à leur tour des formatrices au sein de leurs communautés.
Une tournée qui confirme l’impact des investissements sur le terrain
Pour Mme Tchicaya, l’un des principaux enseignements de cette tournée est l’engouement croissant des femmes pour la transformation des systèmes agroalimentaires. Des groupements féminins se renforcent, attirent de nouvelles adhérentes et développent des activités allant de la production à la transformation, jusqu’à la commercialisation des produits agricoles.
Au périmètre maraîchers de Gapakh dans la région de Kaolack, elle s’est notamment réjouie de voir émerger de nouveaux métiers verts. Certaines femmes produisent désormais des semences, développent des pépinières et commercialisent leurs productions, créant ainsi des emplois tout en améliorant leurs revenus grâce à l’agriculture climato-intelligente et aux techniques de précision.
Accès à la terre, financement et équipements : les défis restent entiers
Malgré ces résultats encourageants, la responsable de la FAO reconnaît que plusieurs obstacles freinent encore l’essor des femmes rurales. Les préoccupations les plus récurrentes concernent l’accès à la terre, l’extension des périmètres agricoles, le financement des activités et la disponibilité d’équipements adaptés.
Elle assure que ces doléances ont été prises en compte et que la FAO poursuivra ses efforts de mobilisation de ressources afin d’accompagner davantage les groupements féminins. Selon elle, la forte demande d’appui témoigne surtout du succès des initiatives déjà engagées.
Des initiatives alignées sur la souveraineté alimentaire du Sénégal
Bintia Stephen Tchicaya rappelle que toutes les interventions de la FAO s’inscrivent dans les priorités de la Vision Sénégal 2050, qui place la souveraineté alimentaire au cœur des politiques publiques. L’objectif est de permettre aux producteurs de cultiver toute l’année, d’améliorer leurs rendements et de renforcer durablement les disponibilités alimentaires.
Elle souligne que les projets seront progressivement étendus à d’autres régions, notamment dans la bande sahélienne à travers les financements du Fonds vert pour le climat, avec un accent particulier sur l’agroforesterie et la valorisation des produits forestiers non ligneux.
« Investir dans les femmes, c’est investir dans toute la communauté »
Pour la Coordonnatrice sous-régionale de la FAO, les changements observés démontrent que les investissements en faveur des femmes produisent des effets durables sur les familles et les communautés. Si l’accès au foncier demeure un défi culturel dans plusieurs localités, elle constate néanmoins une évolution des mentalités, certaines communautés attribuant désormais des terres aux femmes en raison des résultats obtenus.
Refusant de désigner une étape marquante parmi les localités visitées, Bintia Stephen Tchicaya estime que chacune possède ses spécificités et illustre à sa manière le potentiel des femmes rurales. Elle lance enfin un appel aux médias pour mieux valoriser leur travail quotidien, convaincue que ces agricultrices jouent un rôle déterminant dans la transformation des systèmes agroalimentaires et dans la construction de la souveraineté alimentaire du Sénégal.
