Le riz, aliment de base de millions de Sénégalais, fait l’objet d’une alerte sanitaire. Une étude pilote menée par le Comité national du Codex Alimentarius Sénégal (CNCA) met en évidence la présence de teneurs en aflatoxines supérieures aux normes réglementaires dans près d’un quart des échantillons analysés.
Présentés mercredi lors d’un atelier de restitution, les résultats montrent que 22,6 % des prélèvements dépassent les seuils autorisés. L’enquête, conduite à Dakar, Thiès et Kaolack, a porté sur près de 200 échantillons de riz, complétés par quelques prélèvements de mil, collectés dans des restaurants et auprès de leurs fournisseurs.
Mais le constat le plus préoccupant concerne Dakar. Selon le président du CNCA, le professeur Amadou Diop, les 30 échantillons non conformes proviennent exclusivement de la capitale, où 133 prélèvements ont été réalisés. Aucune contamination au-delà des normes n’a été détectée dans les échantillons provenant de Thiès et de Kaolack.
Le riz local apparaît comme le plus exposé à cette contamination. Les marchés de Petersen et de Môle 10 affichent même des taux de non-conformité dépassant parfois 50 % des échantillons analysés.
Produites par des champignons du genre Aspergillus, les aflatoxines figurent parmi les contaminants alimentaires les plus redoutés. Classées cancérigènes, elles sont notamment associées au développement du cancer du foie. Leur identification comme risque prioritaire est issue d’un exercice national de hiérarchisation des dangers sanitaires conduit par les autorités sénégalaises.
Face à ces résultats, le CNCA appelle à renforcer le dispositif national de sécurité sanitaire des aliments. Il recommande d’étendre la surveillance aux grandes zones de production rizicole, notamment dans le nord du Sénégal, d’actualiser le plan stratégique national en vigueur depuis 2018 et de consolider les mécanismes permanents de contrôle.
Au-delà de l’alerte, cette étude vise à fournir aux pouvoirs publics des données scientifiques capables d’orienter les politiques de prévention, tout en invitant les consommateurs à adopter de bonnes pratiques d’hygiène et de préparation des aliments afin de limiter les risques sanitaires.
