Le Sénégal a officiellement lancé, mardi à Némabah, dans la commune de Toubacouta (Fatick), les activités de l’Année internationale des femmes agricultrices 2026. Organisée par la FAO, la cérémonie a réuni autorités administratives, partenaires techniques et financiers, organisations paysannes et actrices du monde rural autour d’un même plaidoyer : faire des femmes les véritables moteurs de la transformation des systèmes agroalimentaires.
Dans son allocution, la Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et représentante de l’organisation au Sénégal, Bintia Stephen Tchicaya, a rappelé que l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2026 Année internationale des femmes agricultrices afin de reconnaître leur rôle déterminant dans la lutte contre la faim, la pauvreté et les effets du changement climatique.
« Les femmes ne sont pas seulement bénéficiaires du développement : elles en sont des actrices majeures », a-t-elle affirmé, soulignant qu’au Sénégal, elles représentent près de 65 % de la main-d’œuvre agricole et assurent plus de 80 % de la production vivrière, alors qu’elles détiennent moins du quart des droits fonciers agricoles.
Pour la responsable de la FAO, investir dans les agricultrices constitue « l’un des choix les plus efficaces pour accélérer le développement durable », insistant sur la nécessité d’améliorer leur accès à la terre, au financement, aux technologies et aux espaces de décision. Elle a également salué les résultats des projets RIPOSTES, FISH4ACP et SAGA, financés notamment par l’Union européenne, le Québec et l’Irlande.
Coumba Gawlo Seck : « Les femmes rurales n’ont pas besoin de compassion, elles ont besoin d’opportunités »

Désignée Championne de la FAO pour le leadership et l’autonomisation des femmes en Afrique de l’Ouest, la chanteuse Coumba Gawlo Seck a accepté cette mission comme « un engagement envers des millions de femmes qui nourrissent leurs familles et soutiennent l’économie de nos pays ».
Dans un plaidoyer fort, l’artiste a lancé un appel aux gouvernements, bailleurs et investisseurs à accroître les financements en faveur des femmes rurales. « Les femmes rurales n’ont pas besoin de compassion. Elles ont besoin d’opportunités, d’investissements, d’un meilleur accès aux financements, aux marchés et aux technologies », a-t-elle déclaré.
Estimant que « chaque franc investi dans une femme productrice génère des bénéfices pour sa famille, sa communauté et son pays », elle a exhorté les agricultrices à croire en leur potentiel, avant d’interpréter quelques paroles de sa chanson Femmes Objet, érigée en hymne à la dignité et aux droits des femmes.
L’administration territoriale appelle à lever les freins, notamment fonciers

Représentant l’autorité administrative, Daye Sow, adjoint au sous-préfet de Toubacouta, a salué le choix porté sur Némabah pour accueillir ce lancement national. Il a rappelé que les femmes assurent l’essentiel des activités agricoles et maraîchères de la commune, tout en restant confrontées à d’importantes difficultés d’accès au foncier.
« Le thème de cette année n’est pas un simple slogan. Ce qui nous attend est plus important : prendre des engagements pour lever les contraintes que rencontrent les femmes », a-t-il déclaré, appelant chefs de village, collectivités territoriales, services techniques et partenaires à unir leurs efforts pour faire évoluer les mentalités et renforcer durablement l’autonomisation des femmes rurales.
En attendant, la FAO et ses partenaires entendent faire de 2026 une année d’actions concrètes afin que les femmes agricultrices soient pleinement reconnues comme des leaders du développement, de la sécurité alimentaire et de la souveraineté alimentaire au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Après Némabah, la mission de la FAO fera escale mercredi matin au centre d’incubation de Kaydara à Fimela, dans la région de Fatick toujours avant de faire cap sur Thiès.
