Après la gare routière des Beaux Maraîchers de Pikine, mardi, l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD) a poursuivi, mercredi, sa visite de terrain autour de l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, puis à Sicap Mbao, près du foirail. Objectif : observer les pratiques d’hygiène et les précautions prises par les vendeurs de nourriture dans la rue.
À l’entrée de l’hôpital Idrissa Pouye, le commerce de rue nourrit aussi bien les patients et leurs accompagnants que les riverains et les travailleurs. Parmi les vendeuses rencontrées par la délégation de l’AJSPD, Aminata Dramé, installée depuis plus de dix ans, propose du « fondé », une bouillie de mil très prisée.
« Je la prépare chez moi à la maison dans des conditions très propres, puis je l’apporte ici dans des récipients bien fermés », explique-t-elle. Ses clients sont nombreux : « Les gens de l’hôpital, les gens du quartier, les chauffeurs, les passants, les médecins… Tout le monde ! »
Vendu à partir de 100 francs CFA, le fondé constitue aussi une source de revenus essentielle pour cette mère de famille. « J’ai 42 ans, ce travail m’aide énormément à soutenir mon foyer, payer la scolarité de mes enfants, aider mon mari et gérer les dépenses de la maison. C’est une grande fierté pour moi », confie-t-elle.
Mais la question des contenants utilisés pour servir la bouillie reste posée. Interrogée sur le fait de verser un aliment chaud dans des sachets plastiques, Aminata Dramé se dit prête à évoluer : « Si on nous propose des pots ou des récipients adaptés avec couvercles, nous sommes prêtes à les utiliser pour améliorer la qualité. » Elle assure par ailleurs disposer de documents délivrés par le Service d’hygiène après contrôle. Chaque jour, « environ 6 à 7 seaux » de fondé sont écoulés.
« Il faut bien couvrir les repas »

À quelques mètres de là, Fatou Yaay Fall vend depuis trois ans du petit-déjeuner et du déjeuner, notamment du riz, aux malades et à leurs accompagnants. Pour elle, la propreté est une exigence quotidienne. « J’y prête une grande attention, je prends des précautions », affirme-t-elle. Elle cite notamment « la propreté, couvrir les repas pour qu’ils soient propres, bien cuisiner avec de bons épices, être très vigilante et garder tout propre ».
Installée dans la rue, Fatou souligne toutefois les difficultés liées à son environnement de travail. « Avant, il y avait des bâches, mais comme c’est près de la route, on ne nous laisse plus mettre de bâches pour couvrir », explique-t-elle, précisant que « la mairie l’interdit ». Sur le plan personnel, elle dit s’habiller « proprement », s’attacher les cheveux et porter un tablier. Faute de gants, elle utilise « des cuillères pour ne pas toucher la nourriture avec les mains ».
Quant aux restes, elle assure ne pas vouloir prendre de risques : « Si la nourriture tourne ou tarde trop, il ne faut plus la vendre. Moi, je cuisine en petites quantités. » Si un plat restant est conservé, « je vérifie au frigo le lendemain ; si c’est bon je garde, sinon je jette ».
Les deux vendeuses expriment ainsi une même attente : disposer de moyens plus adaptés pour concilier activité économique et sécurité sanitaire. Fatou Yaay Fall demande notamment à la mairie « des installations ou des bâches adaptées pour mieux couvrir nos repas et protéger nos clients de la poussière ».
