Une nouvelle étude relance les inquiétudes autour du grand rift africain, cette gigantesque fracture géologique qui traverse l’Afrique de l’Est. Des chercheurs estiment désormais que le phénomène s’étend plus loin qu’on ne le pensait, jusqu’en Zambie, où des signes d’activité souterraine viennent d’être détectés.
Le Système de rift est-africain est actif depuis des millions d’années. Il correspond à un lent mouvement des plaques tectoniques qui étirent progressivement la croûte terrestre. À très long terme, ce processus pourrait ouvrir un nouvel océan et séparer une partie de l’Afrique du reste du continent.

Pour parvenir à cette conclusion, note rtbf.be, des scientifiques ont étudié des gaz s’échappant de sources thermales situées dans le rift de Kafue, en Zambie. Leurs analyses montrent que ces gaz proviennent des profondeurs du manteau terrestre, jusqu’à plus de 100 kilomètres sous la surface. Selon les chercheurs, cela prouve que cette zone est bel et bien active.
Jusqu’ici, les spécialistes pensaient que la branche orientale du rift était la plus importante. Mais cette nouvelle étude suggère que le rift occidental pourrait finalement jouer un rôle majeur dans la future séparation du continent.
Les scientifiques rappellent toutefois qu’il ne s’agit pas d’un scénario catastrophe imminent. La fragmentation d’un continent est un phénomène extrêmement lent, qui se déroule sur des millions d’années. Mais plusieurs indices visibles ont déjà été observés ces dernières années, notamment l’apparition spectaculaire d’une longue faille au Kenya en 2018.
Pour les chercheurs, ces découvertes montrent surtout que les profondeurs de l’Afrique restent encore largement méconnues. Et que le continent continue, lentement mais sûrement, de se transformer sous nos pieds.
