Près de trois millions d’enfants africains de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë sévère (MAS), la forme la plus mortelle de sous-nutrition infantile. C’est le constat alarmant dressé par les estimations conjointes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’UNICEF et de la Banque mondiale publiées en 2025. À l’échelle mondiale, 12,2 millions d’enfants sont touchés, dont près d’un quart sur le continent africain.
Face à cette urgence sanitaire silencieuse, l’OMS Afrique, avec l’appui d’Irish Aid et en collaboration avec plusieurs ministères de la Santé et hôpitaux partenaires, a lancé une vaste offensive dans 12 pays africains fortement affectés par la malnutrition infantile.
L’objectif, par une série de formations soutenues, étant d’améliorer la prise en charge hospitalière des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère accompagnée de complications médicales, afin de réduire les décès évitables.

Les formations, organisées en ligne puis en présentiel entre le 27 avril et le 23 mai derniers à Kampala en Ouganda et à Lomé au Togo, ont réuni des professionnels de santé venus du Burkina Faso, de Madagascar, du Niger, de la République démocratique du Congo, du Tchad, du Togo, de l’Éthiopie, du Kenya, du Malawi, du Nigéria, du Soudan du Sud et de l’Ouganda.
Basées sur les nouvelles recommandations de l’OMS actualisées en 2023 et sur des modules révisés en 2025, ces sessions, souligne un communiqué de l’organisation onusienne, ont combiné théorie, simulations cliniques et stages pratiques en milieu hospitalier. Les participants ont été formés à mieux détecter les complications liées à la malnutrition, à améliorer les soins thérapeutiques et à renforcer l’accompagnement des mères et des familles.
« Cette formation met en évidence l’importance critique de garantir une prise en charge hospitalière de qualité pour les enfants souffrant de malnutrition », a souligné la Dre Eugénie Niane, responsable technique nutrition à l’OMS.

Au-delà du renforcement immédiat des compétences, l’initiative vise aussi à créer un réseau de formateurs nationaux capables de reproduire ces formations dans leurs pays respectifs. Une stratégie jugée essentielle pour harmoniser les protocoles de soins et améliorer durablement la qualité des services nutritionnels.
Pour le Dr John Makengo Mafuila Adjukula, du Programme national de nutrition de la RDC, cette dynamique régionale marque un tournant. « Nous sommes désormais bien outillés pour répliquer cette formation dans nos pays et renforcer la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications médicales », a-t-il déclaré.
À l’issue des travaux, les 12 pays participants ont élaboré des plans d’action nationaux axés sur la formation continue, le mentorat clinique et l’amélioration des unités nutritionnelles hospitalières, indique le communiqué.
Dans une Afrique où la malnutrition continue de tuer des milliers d’enfants chaque année dans l’indifférence, l’OMS espère que cette montée en puissance des capacités hospitalières permettra de sauver davantage de vies et de freiner une crise sanitaire qui demeure l’une des plus graves du continent.
